A Genève, lassociation des Agences de Voyages Privées (AVP) dont on ne
rappellera pas la puissance de tir au niveau BSP a pris les devants. A
la fin du printemps, elle proposait à ses fournisseurs une Charte de
bonne collaboration établissant les principes directeurs dun
partenariat à double sens. Il est clair que les airlines sont la cible
numéro un visée par lAVP dans ce document de travail proposé aux
fournisseurs. Il y a quelques jours, lassociation a relancé ces mêmes
compagnies dont elle attend une prise de position pour lautomne.
A ce jour, les compagnies approchées seraient réparties en trois
groupes: celles qui ont immédiatement accepté la proposition de lAVP,
celles avec lesquelles le dialogue se poursuit et celles avec qui
auraient presque refusé dentrer en matière. Aucune airline ne sera
citée nommément tant que le bilan final de lopération ne sera pas
dressé.
Approchées individuellement et non en tant que membres dune alliance
mondiale, les compagnies aériennes sont donc mises quelque part sous
pression par la puissante association genevoise qui na jamais apprécié
de se voir manipulée par un quelconque fournisseur, encore moins par un
transporteur aérien. Sur le papier, la Charte de lAVP constitue un
plaidoyer pour un véritable partenariat profitable à toutes les
parties. Mais lorsque lon établira le bilan final, cette fameuse
Charte pourrait devenir un redoutable bras armé pour lAVP et,
peut-être, pour dautres agences de voyages du pays.
Haro sur les diktats (aériens), tel a souvent été la marque de fabrique
de cette AVP qui a déjà prouvé par le passé quelle pouvait du jour au
lendemain basculer les ventes de lun ou lautre partenaire refusant de
jouer le jeu du partenariat à double sens. Il y a quelques années, la
grande Lufthansa, pourtant proche des membres genevois, en fit
lexpérience.
Au-delà des mesures de représailles que lAVP pourrait éventuellement
prendre à lencontre des fournisseurs aériens refusant les principes
directeurs proposés, la démarche de lassociation genevoise doit être
interprétée comme un appel au partenariat dont pourrait tirer profit
lensemble des agences de voyages. Car si elle nobtenait pas
satisfaction, nul doute que lAVP irait frapper à dautres portes pour
que son message ait une portée nationale. La démarche est intéressante
dans le sens où elle vise une amélioration des relations commerciales
entre fournisseurs et distributeurs et élève le débat puisquil ne
sagit pas dun simple achat de biens et de services. Ce faisant, lAVP
rappelle aussi aux compagnies aériennes qui ont la fâcheuse tendance à
loublier que lindustrie du tourisme reste du «people business», avec
le client au cur des débats.

