Pas de dialogue à l’horizon entre le GDS Amadeus et Swiss (Edition 2008-33)

Calme plat entre les deux parties à propos des tarifs préférentiels.

A la fin juin, la hache de guerre était déterrée. Dans un courrier
adressé aux utilisateurs, Cornel Küng, Country Manager d’Amadeus
Suisse, détaillait en cinq points la position officielle du GDS face au
modèle de tarifs préférentiels de Swiss et Lufthansa. La position
d’Amadeus était alors claire: le GDS s’opposait aux tarifs
préférentiels, et à la suppression des frais GDS qui lui coûterait près
de 100 millions d’euros par année sur les marchés allemand, suisse et
autrichien. Tout en annonçant aux agences que les frais par segment
leur seraient remboursés jusqu’à la fin de l’année (ou jusqu’à une date
antérieure si un accord devait être conclu plus tôt), Amadeus
confirmait en juin que des actions en justice avaient été lancées
contre le modèle de tarifs préférentiels.

Aujourd’hui, c’est le parfait statu quo: contrairement à Sabre et
Travelport (Galileo et Worldspan), Amadeus reste le seul GDS à n’avoir
conclu aucun accord avec Swiss et Lufthansa. Si rien ne change, une
taxe de CHF 8.– par segment sera donc introduite le 1er octobre 2008.
Et visiblement, aucune solution n’est en vue.

«Il n’y a aucune négociation à l’heure actuelle. Une procédure
judiciaire a été entamée. Mais Swiss était et est toujours ouverte à
des négociations», commente Rudolf Schumacher, Head of Sales &
Marketing pour la Suisse. Même son de cloche chez Cornel Küng:
«Actuellement, il n’y a pas de dialogue avec Swiss. Et il ne
m’appartient pas de commenter les actions en justice qui sont en
cours.» 

Au plan juridique d’ailleurs, Swiss estime depuis le mois de juin
n’avoir procédé à aucune rupture de contrat contrairement à ce que lui
reproche le GDS.  

Entre-temps, les nouveaux contrats relatifs aux tarifs préférentiels
ont été renvoyés par les agences. «Plus de 95% du chiffre d’affaires
est assuré. Nos attentes sont ainsi largement dépassées», se félicite
Rudolf Schumacher. «Les esprits se sont calmés. La discussion n’est
plus émotionnelle mais factuelle. Le fait que Swiss ne puisse plus
demeurer passive face à la hausse continue des coûts de distribution
est beaucoup mieux compris. Les nombreux articles portant sur des
concurrents disparus y ont sans doute contribué.»

Dominique Sudan

La FSAV attend la décision de la Comco

Aucune discussion non plus entre la Fédération suisse des
agences de voyages (FSAV) et le duo Swiss/Lufthansa. La «Task Force» de
la FSAV n’a plus été activée. «Jusqu’à ce jour, cette ‹Task Force› n’a
pourtant pas été dissoute. Si certains développements l’exigent, elle
peut être activée en tout temps», précise Hans-Jörg Leuzinger,
président de la FSAV. Quant à la procédure engagée auprès de la
Commission de la concurrence (Comco), elle suit son cours. Là,
Hans-Jörg Leuzinger ajoute que la FSAV ne dispose d’aucun moyen pour
faire avancer le dossier à la Comco.   

DS