A la fin juin, la hache de guerre était déterrée. Dans un courrier
adressé aux utilisateurs, Cornel Küng, Country Manager dAmadeus
Suisse, détaillait en cinq points la position officielle du GDS face au
modèle de tarifs préférentiels de Swiss et Lufthansa. La position
dAmadeus était alors claire: le GDS sopposait aux tarifs
préférentiels, et à la suppression des frais GDS qui lui coûterait près
de 100 millions deuros par année sur les marchés allemand, suisse et
autrichien. Tout en annonçant aux agences que les frais par segment
leur seraient remboursés jusquà la fin de lannée (ou jusquà une date
antérieure si un accord devait être conclu plus tôt), Amadeus
confirmait en juin que des actions en justice avaient été lancées
contre le modèle de tarifs préférentiels.
Aujourdhui, cest le parfait statu quo: contrairement à Sabre et
Travelport (Galileo et Worldspan), Amadeus reste le seul GDS à navoir
conclu aucun accord avec Swiss et Lufthansa. Si rien ne change, une
taxe de CHF 8. par segment sera donc introduite le 1er octobre 2008.
Et visiblement, aucune solution nest en vue.
«Il ny a aucune négociation à lheure actuelle. Une procédure
judiciaire a été entamée. Mais Swiss était et est toujours ouverte à
des négociations», commente Rudolf Schumacher, Head of Sales &
Marketing pour la Suisse. Même son de cloche chez Cornel Küng:
«Actuellement, il ny a pas de dialogue avec Swiss. Et il ne
mappartient pas de commenter les actions en justice qui sont en
cours.»
Au plan juridique dailleurs, Swiss estime depuis le mois de juin
navoir procédé à aucune rupture de contrat contrairement à ce que lui
reproche le GDS.
Entre-temps, les nouveaux contrats relatifs aux tarifs préférentiels
ont été renvoyés par les agences. «Plus de 95% du chiffre daffaires
est assuré. Nos attentes sont ainsi largement dépassées», se félicite
Rudolf Schumacher. «Les esprits se sont calmés. La discussion nest
plus émotionnelle mais factuelle. Le fait que Swiss ne puisse plus
demeurer passive face à la hausse continue des coûts de distribution
est beaucoup mieux compris. Les nombreux articles portant sur des
concurrents disparus y ont sans doute contribué.»
Dominique Sudan
La FSAV attend la décision de la Comco
Aucune discussion non plus entre la Fédération suisse des
agences de voyages (FSAV) et le duo Swiss/Lufthansa. La «Task Force» de
la FSAV na plus été activée. «Jusquà ce jour, cette Task Force na
pourtant pas été dissoute. Si certains développements lexigent, elle
peut être activée en tout temps», précise Hans-Jörg Leuzinger,
président de la FSAV. Quant à la procédure engagée auprès de la
Commission de la concurrence (Comco), elle suit son cours. Là,
Hans-Jörg Leuzinger ajoute que la FSAV ne dispose daucun moyen pour
faire avancer le dossier à la Comco.
DS

