Plaidoyer pour un essor romand (Edition 2009-05)

Dominique Sudan à propos de Visit USA

L’édition ’09 du séminaire Visit USA approche à grands pas. Mercredi
prochain cinquante-cinq prestataires représentant des TOs suisses, des
compagnies aériennes, des entreprises de location de voitures et de
motorhomes, des offices de tourisme, des chaînes hôtelières, des
compagnies maritimes et des régions US donnent rendez-vous à tous les
distributeurs de Suisse. En fait, seuls les Alémaniques se déplaceront
à Zurich comme c’est malheureusement le cas depuis plusieurs années. La
raison en est simple: éloignement géographique, absence de programme
spécifique pour les Romands, réel obstacle linguistique.

Pourtant, toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour qu’un
Visit USA à la sauce francophone reprenne son envol: les USA restent la
destination long-courrier la plus courue et affiche un taux de
progression à deux chiffres, les affaires démarrent fort cette année,
le dollar est à un niveau tout à fait intéressant et le président
fraîchement élu a déjà radicalement changé l’image d’un pays écornée
par son prédécesseur.

En tenant compte de ces paramètres et du volume d’affaires US généré
par le marché romand chez les deux principaux fournisseurs que sont
Kuoni et M-Travel Switzerland et en y ajoutant le développement des
offres aériennes directes qui concernent aussi l’aéroport de Genève, on
se doit d’admettre qu’un vrai Visit USA, solide et professionnel, a
toutes les raisons d’être de nouveau mis sur pied en Suisse romande.
D’autres présentations, beaucoup plus modestes dans leur concept, ne
réussissent-elles pas à attirer une bonne centaine de visiteurs?

Fort heureusement, le comité de Visit USA en Suisse est tout à fait
conscient du problème et planche sur certains projets d’avenir qui
pourraient déjà prendre forme l’année prochaine. Le fait que notre pays
dépende au niveau promotionnel et commercial de représentations
américaines sises en Allemagne constitue en fait le principal écueil
car il faudra convaincre les représentants francophones basés à Paris
que la Suisse des voyages n’est pas une et indivisible. Cet obstacle
franchi, un vrai séminaire pourrait prendre forme. Et visiblement, la
volonté d’aller de l’avant est aujourd’hui réelle chez les
organisateurs du séminaire malgré le fait que les Romands, qui n’ont
pas toujours joué le jeu lorsque Visit USA leur dédiait une journée,
portent aussi une part de responsabilité dans la situation actuelle.

Mais en l’état actuel, il est illusoire de penser que les agents de
voyages de Suisse romande sacrifieront une pleine journée de voyage et
de travail pour un séminaire ne tenant pas compte des différences de
mentalité, d’approche et de langue qui sont une réalité dans notre pays.