Pour le meilleur, comme de bien entendu… (Edition 2013-15)

Mutations chez Hotelplan et Kuoni

Contrairement à l’industrie lourde, la branche des voyages place l’humain au cœur des débats, que l’on parle de collaborateurs ou de clients. Et par la force des choses, l’humain a des émotions et s’exprime. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, la refonte des réseaux de distribution d’Hotelplan et de Kuoni et les énièmes réorganisations des deux grands TOs constituent des thèmes de prédilection lors des multiples événements que compte la branche. Et pour cause : désormais, les mutations n’épargnent personne, quel que soit son degré d’ancienneté. Et c’est souvent à prendre ou à laisser. Force est d’admettre que le sentiment de malaise est réel, savamment entretenu qu’il est aussi par des rumeurs plus ou moins fondées et des réalités parfois déformées. Ces mutations qui se traduisent par des départs de collaborateurs de longue date, par des responsabilités redistribuées au niveau local et régional et par de nouveaux statuts souvent assimilés à des voies de garage laissent libre cours à toutes les interprétations personnelles.

Au-delà des cas particuliers, des susceptibilités, des fiertés personnelles, des nouvelles affectations et des départs forcés ou non, l’évolution actuelle au sein des réseaux d’Hotelplan et de Kuoni témoigne d’une chose : on se tâte, les tensions internes sont des réalités, les jeunes générations poussent les anciens vers la sortie, le management régional ne fait qu’appliquer les décisions prises à Glattbrugg et Zurich en vue de retrouver des jours meilleurs. Car derrière le discours officiel qui répète à l’envi que « tout va très bien Madame la Marquise », il est des signes qui ne trompent pas : perdant des parts de marché face aux spécialistes, les deux grands aspirent à une efficacité opérationnelle accrue ; pour y parvenir, les méthodes de travail doivent changer radicalement ; ce qui a fonctionné par le passé ne marche plus aujour-d’hui ; les gagnants d’hier sont les perdants d’aujourd’hui, en tout cas ceux qui sont incapables de s’adapter aux changements ; donc, on tire les conclusions qui s’imposent, pour le meilleur, bien entendu.

Dans les deux cas, il conviendrait pourtant de se souvenir du passé : les multiples changements stratégiques opérés en Suisse romande ces dernières années n’ont guère contribué à créer une base solide ni un climat de confiance. Les managements antérieurs sont aussi responsables de n’avoir pas compris que seul le marché décide.

Dominique Sudan