En Suisse, le secteur des voyages est faiblement contrôlé. Aux côtés dagences sérieuses et recommandables se trouvent des agences au fonctionnement plutôt surprenant et aux pratiques pas toujours transparentes. Certains professionnels pestent contre ce libéralisme, dautres haussent les épaules et se font une place comme ils le peuvent.
Il semble désormais clair que personne au niveau politique nosera se frotter à un secteur sous-estimé. Cette situation déquilibre a grandement favorisé le système «D» et les plus -débrouillards tirent leur épingle du jeu.
Aucune agence nest à blâmer en particulier, car même les plus respectueuses ont recours à ce système, certaines nhésitant pas à le coucher sur papier au nom du «bien du client». Il peut sagir dune joute verbale avec une compagnie aérienne pour rattraper une erreur de réservation ou dune menace de boycott. Mais lusage na pas changé depuis des lustres et le système «D» est employé par tous, tout en étant «toléré» jusquà une certaine limite.
Mais il arrive parfois que dans les habitudes bien en place, un grain de sable fasse dérailler le tout. Le cas des codes TOs nest pas unique. Le code IATA, les plaques des compagnies -aériennes du temps des billets papiers ou des MCOs, le stock de papier ATB tous ces éléments peuvent faire lobjet dun prêt, voir dun vol. Un employé qui quitte une agence de voyages nefface pas forcément de sa mémoire les codes daccès aux différents systèmes utilisés. Seuls léthique et le professionnalisme de celui-ci lempêchent den faire usage.
Il en va de même pour les informations sensibles telles que les cartes de paiement des clients, auxquelles sajoutent de nombreuses données personnelles. A quoi reconnaît-on une agence ou un voyagiste professionnel? Le critère est vague, car dépendant du point de vue que lon adopte.
Devra-t-il ou elle se barder de logos soulignant lappartenance à un fonds de garantie (quel quil soit) comme limpose la loi fédérale sur les voyages à forfaits de 1994? Sagira-t-il dêtre celui ou celle qui offre le prix le plus bas? Sagira-t-il den imposer de par lapparence de lagence ou du tour-opérateur?
Personne à part les professionnels eux-mêmes, nest en mesure dappliquer au mieux une forme de contrôle. Les grands voyagistes sen chargent déjà avec lexigence appartenance à un fonds de garantie. Les moins grands sont plus ou moins regardants, mais nhésitent pas à recourir à une forme de liste noire le cas échéant. Au final, le monde des voyages en Suisse est ce que les professionnels en font.

