Les compagnies du Golfe sont mal vues en Europe. Tant leur marge de manuvre que lopacité de leur fonctionnement dérange fortement. Lenquête ouverte par lOffice fédéral de laviation civile (OFAC) montre quun protectionnisme virulent est à luvre, même si la bonne foi de lorgane fédéral nest vraisemblablement pas à remettre en cause. Ce dernier se défend ouvertement dêtre influencé par un acteur, quel quil soit, et assure conserver une vue densemble sur tous les secteurs concernés (tourisme, aéroports, transport de fret, etc.).
En ouvrant la ligne Genève-Zurich, Etihad Regional a probablement franchi un cap déterminant pour les relations avec le concurrent que représente Swiss. Ainsi, le non renouvellement du contrat de «wet lease» pour les opérations entre Zurich et Lugano peut-être pris comme un signal. Pourtant, lors de son entrée dans le groupe Lufthansa, lindépendance de Swiss dans ses opérations avait déjà fait lobjet dinterrogations. La question est ici tout autre.
Les conditions «Ownership-and-control» quexamine lOFAC sont comprises dans lordonnance 1008/2008 de lUnion européenne (UE). Il sagit de la prise de participation et de linfluence de tiers situés hors du territoire de lUE, sur des entreprises européennes ou suisses. Dune part, la participation financière doit être infé-rieure à 50% (Etihad détient un peu plus de 33,3% dEtihad Regional). Dautre part, aucun contrôle factuel ne doit être exercé en dépit dune participation minoritaire.
Le cas de Swiss ne sapplique donc pas, dans la mesure où lactionnaire principal, Lufthansa, est une compagnie aérienne de lUE, contrôlée par des personnes de lUE. La seule question qui pourrait véritablement se poser est de savoir à quel point le revirement stratégique de lancienne Darwin est issu de sa propre volonté.

