Rassemblement ou diète? (Edition 2012-17)

Restructuration romande de Kuoni

En Suisse romande, Kuoni a fonctionné jusqu’à cette année avec quatre sous-régions distinctes, mais relativement proches. Valais, Lausanne, Plateau et Genève. Cependant le temps d’une optimisation s’est fait ressentir et Serge Bacher a fait le choix d’un regroupement pour davantage d’efficacité. En effet, ce faisant, il supprime un échelon qui n’avait pour conséquence que de ralentir l’information lorsqu’elle était transmise. Le choix semble donc parfaitement logique et donne au final une structure claire.

François Sancho prend deux régions et Serge Bacher deux autres. Sur les quatre précédents responsables de régions, trois se voient donc affectés à de nouvelles tâches. La question qui pourrait se poser est de savoir si l’optimisation est véritablement la seule motivation de cette concentration. Car s’il ne fait aucun doute qu’une telle structure permette un fonctionnement plus rapide, il ne faut pas oublier les résultats de Kuoni Suisse, publiés à la mi-mars, qui ne sont pas des plus réjouissants.

Tandis que le groupe Kuoni obtenait des résultats reflétant une amélioration massive avec plus 28% de recettes nettes, Kuoni Suisse affichait un nouveau recul de 10,7% de son chiffre d’affaires. Une tendance à la baisse déjà en marche depuis quelques années et que le voyagiste peine à inverser. Dès lors, l’ancienne structure de distribution devient un luxe qui aujourd’hui n’est plus viable et les forces présentes doivent impérativement être utilisées au mieux. La Suisse romande n’étant pas un territoire énorme, un rassemblement paraît comme une solution rationnelle.

Et Kuoni n’est pas la première «structure» à passer par ce type de phase. Il n’y a pas si longtemps, la Fédération suisse des agences de voyages (FSAV) a déjà franchit ce pas, abandonnant les six régions qui formaient la Suisse romande (une par canton) pour passer à une région unique englobant l’entier de la Romandie. Dans ce cas précis, outre l’optimisation structurelle obtenue par la suppression des doublons, c’est bien une optimisation des coûts qui était en ligne de mire.

Cette démarche n’est pas un signe de recul, au contraire. La branche des voyages doit agir – ou réagir – de plus en plus vite. Et lorsque l’on navigue en eaux troubles, le seul moyen d’éviter les écueils est d’avoir une embarcation maniable. En optimisant sa structure romande, Kuoni ne peut certes pas prévoir l’avenir, mais l’entreprise se dote des moyens pour une avancée peut-être plus sereine. Car les changements ne sont certainement pas terminés. Les succursales de Kuoni sont encore nombreuses et concentrées dans les villes de Lausanne et Genève. 

Cédric Diserens