Restructuration des ventes chez Swiss à Genève (Edition 2014-11)

Pourquoi segmenter Business et Leisure?

Officiellement désigné comme successeur d’Ivan Haralambof, Markus Schmid ne l’a jamais été: tout d’abord, Swiss planchait depuis belle lurette sur la meilleure façon de récupérer enfin les parts de marché perdues au profit d’Easyjet; ensuite, le développement qualitatif de l’offre locale allait se traduire par la création d’une base forte et d’un nouveau management dédié; enfin, Markus Schmid, qui avouait lui-même être en premier lieu un homme des ventes, ne s’appuyait pas sur le dense réseau tissé par son prédécesseur avec les agents de voyages, la direction de l’aéroport, la clientèle et les médias.

Le départ de Markus Schmid à Zurich et la promotion de Louis Baumgartner au poste d’Head of Sales offrent aujourd’hui une belle occasion de revoir l’organisation commerciale locale. Le nouveau chef des ventes est non seulement apprécié dans l’industrie touristique, il présente aussi l’immense avantage de connaître l’historique du marché et les agences. L’équipe dont Louis Baumgartner a la charge est aussi formée d’un nombre suffisant de Sales de qualité pour plancher sur le futur. Et comme le futur passe par la consolidation de la plate-forme genevoise de Swiss, qui affiche déjà une croissance de huit pour cent du nombre de passagers depuis l’introduction de la nouvelle structure tarifaire, autant s’appuyer sur ses propres valeurs.

La question cardinale qu’il convient de se poser est à la fois simple et compliquée: à Genève, Swiss doit-elle continuer à segmenter les Business Sales et Leisure Sales? En optant pour Baumgartner dont les qualités sont reconnues au niveau du premier domaine dont il avait la responsabilité jusqu’ici, Swiss répond presque à la question. Le know-how étant déjà là, autant ne parler désormais que d’un département Sales où les segments Business Travel et tourisme de loisirs sont également très proches dans le réseau romand. Par ailleurs, l’existence de très importants contrats suivis jusqu’ici par le nouveau Head of Sales contraint de toute manière Swiss à maintenir actifs les deux départements de ventes à Genève. Au final, la réunion sous une seule entité «Sales» et la répartition des différents portefeuilles entre l’équipe actuelle ne changera pas le quotidien des personnes en place. D’autant que ces dernières ont au-dessus d’elles un enfant du sérail qu’elles ont toujours estimé.

Dominique Sudan