A côté de Swiss via son hub de Zurich, lessentiel du trafic entre -Genève et lExtrême-Orient transite désormais par le Golfe Persique. Cest un fait établi. Cette tendance ne faiblira pas avec la multiplication des ouvertures de lignes (Emirates à Phuket, Etihad en quotidien sur Singapour/Brisbane, Qatar Airways sur Yangon, pour ne citer que trois exemples) et des conclusions de contrats de partage de codes.
Les trois «majors» du Golfe connaissent parfaitement la structure du marché régional, voire national. Ainsi, Emirates devrait tôt ou tard voler sur Zurich en A380 tout en maintenant la deuxième opération quotidienne en Boeing 777. A Genève, les sept vols hebdomadaires lui suffisent à couvrir le marché. De son côté, Etihad Airways ne cache pas que, si Bangkok demeure son fer de lance au départ de Genève, Singapour génère une recette bien plus intéressante avec un nombre
de passagers moindre. Doù limportance du passage à un rythme quotidien entre Abu Dhabi et Singapour en février prochain. Enfin, Qatar Airways songerait à passer à deux fréquences par jour sur Genève mais avec un type dappareil de plus faible capacité (A319) lui permettant de couvrir encore mieux les correspondances à Doha.
Pendant ce temps, la concurrence laisse faire. Or, cest précisément en sinspirant de ce que réalisent les airlines du Golfe que lon peut un tant soit peu les contrer. Prenons Star Alliance qui domine largement le marché à Genève. Lun de ses membres asiatiques, en loccurrence Singapore Airlines (SQ), envisage de plus en plus sérieusement louverture prochaine dune nouvelle liaison sur Lyon. Or, le marché nest pas à Lyon au niveau long-courrier mais à Genève. De tout temps, -Genève et la Suisse romande ont généré dimportants volumes de -trafic «high yield» pour SQ Etihad le répète aussi. Et contrairement à Bangkok qui reste pénalisé au niveau du yield en raison de sa con-notation fortement touristique, Singapour offrirait à laxe GenèveAsie ce qui lui faut: un hub stratégique de qualité, à limage de ceux quoffrent à mi-chemin les compagnies du Golfe. Et au-delà, un impressionnant réseau en Asie/Pacifique.
SQ changera-t-elle la donne en revoyant sa copie sur Lyon? Sans -aucun doute puisque le marché est là, non pas pour un service quo-tidien mais pour une offre régulière de lordre de quatre vols hebdomadaires. Ce développement rééquilibrerait les forces à Genève et ouvrirait de nouvelles perspectives pour Swiss et Star Alliance.

