Swiss intéressée à un codeshare avec Lyria? (Edition 2008-25)

La question d’un codeshare entre le train et l’avion est une solution d’actu-alité qui se profile comme une évolution probable des transports.

La solution d’un codeshare entre le train et l’avion est une question
d’actualité. La hausse constante du prix du pétrole et le développement
continu de lignes à grande vitesse sont des facteurs qui jouent en
faveur d’une telle option.

Le sujet avait par ailleurs été évoqué au cours du Business Travel
Workshop au TTW de Montreux 2007. «Nous avons déjà un train qui circule
entre Bâle et Zurich sous un numéro de vol Swiss, indique Rudolf
Schumacher, VP Sales & Marketing. Mais c’est pour le moment le seul
produit de ce type en Suisse.»

Les grandes lignes sont également une option qui pourrait se révéler
intéressante. «Nous sommes ouverts à la discussion avec une société
comme Lyria, mais pour le moment, rien n’est en cours.» Sur Paris, il
faut rappeler que Swiss n’opère aucun vol propre et ne possède que des
places contingentées sur Air France.

De son côté, la compagnie ferroviaire se dit également intéressée,
ainsi que le confirme Christian Rossi, son directeur: «Aujourd’hui,
nous sommes concurrents, notamment sur l’axe Zurich–Paris. Toutefois,
si Swiss devait s’intéresser à un codeshare avec nous, alors nous
aurions tout à y gagner. Tant que notre taux de remplissage n’atteint
pas les 100%, nous sommes preneurs.»

Pourtant, un élément freine quelque peu les ardeurs. «Il subsiste
aujourd’hui un problème technique au niveau des réservations, notamment
en ce qui concerne le Free Flow», précise Rudolf Schumacher. La
conception des réservations varie en effet entre les acteurs
con-cernés. «Il faut comprendre que les business modèles sont
différents, ajoute Christian Rossi. Les CFF ont un modèle ouvert où
l’on monte dans le train et l’on s’assied où l’on veut. Dans notre cas,
les places sontattribuées et la réservation est ferme, mais nous
n’avons pas le nom du passager. La compagnie aérienne, elle, possède
une réservation ferme et les données du passager. De plus, il est fort
probable que les compagnies aériennes aimeraient remettre les
réservations invendues en vente en dernière minute.»

Dès lors la solution ne serait pas envisageable dans l’immédiat. «Je pense que  ce-
la ne pourrait devenir une réalité qu’à moyen terme et pas dans les deux prochaines
années», souligne encore Christian Rossi. Si Paris et Marseille sont
deux destinations que Lyria pourrait apporter, rien n’empêche
d’envisager d’autres connexions qui pourraient soulager l’aérien,
telles que Zurich–Francfort ou Munich, ou encore Genève–Milan.

Cédric Diserens

Les aéroports devront évoluer

La mise en place d’un tel système pourrait amener également les
aéroports à changer, ainsi que le relève Nicolas Simonin, Travel
Industry Development Manager à l’Aéroport International de Genève: «Les
avantages d’une telle solution sont nombreux et je pense qu’il faudra
alors non plus raisonner en tant que compagnie ferroviaire ou aérienne,
mais bien en termes de transporteur. De la sorte, les aéroports devront
également s’adapter et devenir des plate-formes multiples. Aujourd’hui,
notre revenu ne provient que de l’aérien. Nous ne touchons rien sur la
gare. Quant aux compagnies ferroviaires, elles seraient également
gagnantes dans la mesure où les passagers concernés font partie d’une
clientèle à haute contribution.»   

CD