Swiss ne craint pas le shifting (Edition 2008-08)

Le fait qu’EasyJet introduise une taxe par coupon depuis son entrée dans deux GDS n’a pas dicté la politique de Swiss.

L’annonce de l’introduction d’une surcharge tarifaire pour la
distribution au travers des GDS par Swiss (LX) et Lufthansa (LH) a
conduit le marché français à s’interroger sur l’éventualité d’une telle
option pour Air France/KLM. Toutefois, les compagnies qui ont signé le
contrat Full Content d’Amadeus –elles sont au nombre de 67, dont 37 qui
ont opté pour l’option triennale- ne peuvent modifier le prix, l’accord
stipulant que la totalité de l’offre doit être accessible «sans
surcharge de la part de la compagnie aérienne et sans aucun coût
supplémentaire pour l’agence de voyages ou son client final».

Si diverses compagnies aériennes ne peuvent appliquer de surcharge pour
les trois années à venir en raison d’un contrat triennal de Full
Content, Swiss et Lufthansa ne sont pas tenues aux mêmes obligations.
La décision d’appliquer ces frais n’est pas le fruit du hasard, ainsi
que le confirme Rudolf Schumacher, Head Sales & Marketing
Switzerland: «Notre contrat avec les différents GDS arrivait à terme,
c’est ce qui nous a permis de présenter un nouveau modèle de
distribution afin de réduire nos coûts.»

L’annonce d’EasyJet et son entrée dans les GDS moyennant un surcoût de
distribution, bien qu’animée par un même objectif, n’est donc pas liée
à cette décision. «Il n’y a pas eu inspiration d’un côté ou de l’autre.
Nous avons entamé des discussions avec les GDS pour réduire nos coûts
depuis quelque temps déjà. C’est une décision qui a été réfléchie.»

Si de leur côté les agences se disent prêtes à employer des méthodes
agressives telles que le «shifting», cela n’inquiète nullement Rudolf
Schumacher. «Nous avons déjà fait des statistiques pour évaluer les
conséquences, mais nous sommes prêts, s’il le faut, à aller jusque-là.
Nous étudions également la question des codeshares. Mais il est certain
que la priorité sera avant tout accordée aux négociations.»

Rudolf Schumacher reste très confiant quant à la situation des agences
des régions frontalières pour qui un «shifting» pourrait être plus
facile.