Swiss répond aux Low Cost (Edition 2009-16)

Dominique Sudan à propos de la publicité Swiss

Rappeler que les relations entre Swiss et les agences de voyages ne
sont plus au beau fixe depuis l’introduction unilatérale du fameux
modèle Preferred Fares relève d’un doux euphémisme. Il est aussi
reproché à Swiss de n’être que la vulgaire exécutante de décisions
prises à Francfort par la maison-mère allemande. Mais au-delà de ces
considérations, il convient de rappeler que Swiss, sur son marché
domestique, doit faire face à la concurrence souvent redoutable des Low
Cost Carriers et des compagnies européennes régulières, sur des
liaisons point à point.

Critiquée pour une campagne publicitaire ambiguë, Swiss avance des
arguments presque imparables. Visiblement, son message est en béton
armé comme le sont par exemple les contrats d’assurance dont personne
ne lit jamais les conditions générales détaillées.

Certes, on peut comprendre la réaction des agences de voyages qui se
sont une nouvelle fois senties flouées par l’agressivité tarifaire de
Swiss sur plusieurs lignes européenne. Mais en y regardant de plus
près, on doit se rendre à l’évidence: Swiss applique ici un yield
management
absolument identique à celui des LCC et lance sur une poignée de sièges
de vols sélectionnés des tarifs d’appel (presque) sans concurrence, qui
s’entendent toutes taxes comprises.

Ce faisant, Swiss répond à la concurrence directe sur des axes comme
Paris, Barcelone, Malaga, Palma, Londres ou Budapest. Et la compagnie
de balayer tous les reproches qui lui seraient adressés, notamment ceux
portant les frais perçus par ses canaux directs. Et pour cause: les
tarifs les plus bas mentionnés dans la publicité incriminée ne sont
frappés d’aucune taxe de service. Et l’annonce dont il est question est
précisément faite pour cette catégorie de prix.

En fait, un problème d’interprétation est à l’origine du «conflit». Car
autant les agences de voyages ont saisi après dix ans le mode de
fonctionnement d’une Easyjet – combien d’indépendants et de TOs romands
ne travaillent-ils pas aujourd’hui avec le LCC orange? –, autant elles
ne
laisseront rien passer lorsqu’une quelconque initiative provient de Swiss.

C’est une réalité avec laquelle Swiss doit vivre depuis le lancement
des Preferred Fares et devra le faire pendant des années. Finalement,
on peut tout de même adresser un reproche à Swiss: dans son message
publicitaire sibyllin, elle joue tout de même sur les mots. Et la
branche n’apprécie plus du tout les plaisanteries au deuxième degré,
surtout par les temps qui courent.