Le problème nest pas nouveau: déjà à lépoque de la défunte Swissair, les agents de voyages étaient nombreux à contourner les tarifs très élevés de certains axes au départ de Genève, par exemple New York et Nice, en réservant un segment fictif permettant de profiter des prix nettement plus avantageux en vigueur sur dautres marchés. Qui ne se souvient pas des fameux billets Alger-Genève-New York et retour, où laxe Alger-Genève-Alger ne comptait que des passagers fantômes?
Dès la semaine prochaine, Swiss prendra le taureau par les cornes et sanctionnera des pratiques similaires en ayant recours à un contrôle strict que lui permet la technologie daujourdhui: les réservations manipulées seront frappées dune amende que lon peut assimiler à un ADM dont le montant relativement élevé variera en fonction de la cabine et de la destination. Même sil sagit de cas isolés, le problème est réel et la plupart des agents, de même que les associations dagences, condamnent ces pratiques frauduleuses. Toujours est-il que si cette pratique de manipulation a vu le jour, cest quune zone grise existe, que lon pourra assimiler à un vide juridique lorsquil sagira de définir si lADM en question est recevable ou non. La question cardinale est la suivante: pourquoi établir des règles qui, au final, peuvent être contournées? Ne serait-il pas préférable de bétonner le règlement tarifaire en investissant dans un système performant? Car tant quil y aura une faille, des rusés en profiteront.
Finalement, réservations manipulées et ADM justifiés ou excessifs constituent lhabituelle pierre dachoppement entre les agences et les airlines. Ces dernières ne sont pas toutes blanches non plus, elles qui ont donné naissance à une jungle tarifaire où personne ne sy retrouve, qui ont chacune leur propre politique en termes de partenariat et qui inondent les agents dinformations diverses via de multiples Newsletter. Le client sy perd également, lorsquil constate quun Genève-Nice et retour lui indique clairement un prix par segment, mais que le tarif du retour est finalement noyé dans diverses taxes. Finalement, les rapports de force quentretiennent les compagnies aériennes et les agences de voyages depuis des lustres ne sont pas laffaire du client. Ce dernier veut une transparence qui devrait être le point numéro un de tout règlement.

