Swiss supprime certains codeshare à Genève (Edition 2014-15)

Logique commerciale ou logique d’alliance?

Pour récupérer à Genève une partie de parts de marché perdues au profit d’Easyjet (plus de 60 destinations), Swiss lançait un nouveau concept tarifaire Eco Flex et Eco Light il y a sept mois. Comme l’indiquait il y a deux semaines Lorenzo Stoll, Head of Western Switzerland, cette nouvelle offre correspond aux besoins de l’ensemble des passagers puisque Swiss enregistre à Genève une hausse dans tous les segments.

Mais alors que tous les accords sont maintenus au sein de Lufthansa Group, de même qu’avec d’autres airlines, qu’elles soient membres ou non Star Alliance, desservant des destinations sur lesquelles Swiss est off-line, les codeshare avec TAP Portugal et SAS ont été supprimés pour les liaisons point-to-point au départ de Genève. Une décision stratégique qui n’a pas manqué de créer le débat au sein des deux compagnies concernées et membres de Star Alliance, ainsi qu’auprès des agences de voyages et de leurs clients. 

Certes, ni TAP ni SAS n’appliquent actuellement de concept tarifaire identique à celui de Swiss. Mais le fait que le but final consiste à renforcer la position des Legacy Carriers face aux Low Cost ne fait que renforcer la pertinence des questions que se posent la branche et les passagers: si l’on veut vraiment affronter Easyjet sur son propre terrain de jeu, pourquoi ne pas au contraire faire jouer la logique d’alliance, tirer à la même corde en termes de souplesse et d’attractivité tarifaire et combattre à deux l’ennemi commun actif sur des routes identiques? Cela s’appelle «matcher», avec des armes autrement plus puissantes que celles dont disposent une Easyjet où tout ou presque est payant.

Cet exemple remet sur la table le problème des alliances devenues trop grandes pour rester efficaces. Mais si l’on comprend aisément la difficulté d’harmoniser au niveau mondial les tarifs et les conditions propres à une trentaine de compagnies aériennes, on saisit moins bien pour quelles raisons il est impossible à deux airlines affiliées à une même alliance de trouver un dénominateur commun sur une base à taille humaine, Genève, et sur trois petites routes moyen-courriers vers le Portugal et la Scandinavie. Entre logique d’alliance et logique commerciale, qu’est-ce qui prévaut?

Dominique Sudan