Taxes gouvernementales et taxes d’aéroport montrées du doigt (Edition 2009-25)

Pour un même billet d’avion, le montant des taxes varie considérablement, au grand dam des compagnies aériennes.

Cédric Diserens
Premier exemple: un vol Genève–Paris–Pékin en classe N revient à 410
francs plus 58 francs de taxes. En classe Y, le tarif passe à 3900
francs et les taxes à 517 francs. Pour Andrea Awerbug, Directrice
commerciale d’Air France pour la Suisse, c’est une pratique qui
s’explique par une volonté de marketing. «Nous appliquons une
différence de taxe dans les classes les plus basses, N et Q, afin de
pouvoir disposer de tarifs concurrentiels. Ces classes sont
essentiellement utilisées en tant que promotions et pour le prix
d’appel. Entre les classes économique, affaires et première, il n’y a
pas de différence dans les taxes.»

Deuxième exemple: un vol American Airlines entre New York et Los
Angeles coûte en classe N 410 francs avec 58 francs de taxes. En F, le
prix du billet passe à 1980 francs pour 465 francs de taxes. «Pour le
trafic domestique, il s’agit d’une pratique en vogue depuis plus de dix
ans, explique Gianni Tronza, General Manager Switzerland. En Suisse,
une taxe similaire a été
introduite au 15 mai dernier sous la forme d’une taxe LN de 7,6%, soit une taxe à la valeur ajoutée (TVA).»

Dans ce cas précis, la différence résulte d’une décision
gouvernementale. «La taxe domestique US peut être comparée à la taxe
‹UK Departure› qui permet à la classe économique de payer moins que les
classes Premium. Il s’agit d’un choix gouvernemental. Commenter une
décision de ce type dépasse notre compétence.»

Troisième exemple: un vol Genève– Londres–Toronto avec British Airways
comporte 423 francs de taxes en classe économique et 547 en classe
affaires. Katja Selle, Commercial Manager Central Europe pour British
Airways explique: «La différence de taxes provient ici de la Fuel
Surcharge qui est différente selon la cabine où se trouve le passager.
Cela a pour but de refléter une partie des coûts additionnels par
passager transporté dans les classes Premium. Cette surcharge est
constamment revue afin que nos conditions restent compétitives. Elle a
été réduite dernièrement en décembre 2008.»

Chez Swiss International Air Lines, Ivan Haralambof, directeur Suisse
romande, observe: «Dans ce cas, nous parlons des taxes aéroportuaires.
Ces taxes ne sont pas du ressort des compagnies aériennes mais des
aéroports uniquement. A Genève ou Zurich, les taxes ne tiennent pas
compte de la cabine dans laquelle le passager voyage. En revanche, un
vol London City–Genève n’aura pas les mêmes taxes en classe économique
ou en classe affaires.»
Cédric Diserens