The place to be… now! (Edition 2011-09)

Alain Bossu à propos de la Tunisie

Dessin humoristique à la une du quotidien tunisien «La Presse» en date du 16 juin… 2014: un enfant interroge un adulte. «Grand-père, qui est Ben Ali?» «C’est rien, répond le papy, une erreur de jeunesse.» Le 16 février dernier, plusieurs quotidiens tunisiens ont anticipé, chacun à leur manière, sur la troisième année de la nouvelle Tunisie avec un supplément postdaté. 

On y lit que le musée de la Révolution est le deuxième site mondial le plus visité après le Louvre, ou encore que la Tunisie va faire souffrir le Brésil en Coupe du monde de football 2014.

La Tunisie avait sans doute besoin de ces pages d’humour pour oublier un peu qu’on ne passe pas du jour au lendemain d’une «dictature mafieuse à la démocratie» pour reprendre les termes employés par Mehdi Houas, nouveau ministre du Commerce et du Tourisme. Mais il est confiant… parce qu’il n’existe pas d’autre choix. Il avoue que le capital sympathie ne suffit pas, ajoutant au passage que, même s’il faut se servir de cet élan, la Tunisie «n’est pas un zoo où l’on vient voir ceux qui ont fait la Révolution».

Le job n’est donc pas facile, mais les temps ont changé. La Tunisie ne parlait que de football. Il suffit de s’y promener aujourd’hui pour comprendre qu’elle parle désormais seulement (trop?) de politique. Normal, les Tunisiens apprennent sur le tas, à la vitesse de Facebook, confondant parfois vitesse et précipitation, rumeurs et certitudes. Respirer librement n’a rien d’une mince affaire. Mais leur sens des responsabilités est une évidence malgré les dérapages de quelques-uns. «Aujourd’hui, commente Peter J. Schönenberger, directeur général du Mövenpick Resort & Marine Spa de Sousse, les gens ont des visions sur l’avenir de leur pays, cela montre leur intelligence. Nous ne devons pas les décevoir en restant trop frileux.»

S’il faut dépoussiérer, tout le monde a envie de se retrousser les manches pour actionner les leviers, gommer les défauts et apporter de la valeur ajoutée à l’économie du tourisme. Il faut surtout tracer la voie pour que les professionnels tunisiens du tourisme disposent enfin d’une marge de manœuvre, que l’Etat se contente de son rôle en garantissant l’investissement global et, surtout, que les touristes ne craignent pas de revenir en masse en Tunisie.

Ces derniers écouteront donc avec intérêt les conseils des agents de voyages. L’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) entend mettre moyens et passion pour transmettre la passion de cette Tunisie retrouvée. Sur place, tous ceux qui œuvrent dans le tourisme ont beaucoup souffert ces dernières semaines. Il est temps de redonner envie de retrouver, comme le souligne la campagne de promotion qui vient d’être lancée, «The place to be… Now».