Dessin humoristique à la une du quotidien tunisien «La Presse» en date du 16 juin 2014: un enfant interroge un adulte. «Grand-père, qui est Ben Ali?» «Cest rien, répond le papy, une erreur de jeunesse.» Le 16 février dernier, plusieurs quotidiens tunisiens ont anticipé, chacun à leur manière, sur la troisième année de la nouvelle Tunisie avec un supplément postdaté.
On y lit que le musée de la Révolution est le deuxième site mondial le plus visité après le Louvre, ou encore que la Tunisie va faire souffrir le Brésil en Coupe du monde de football 2014.
La Tunisie avait sans doute besoin de ces pages dhumour pour oublier un peu quon ne passe pas du jour au lendemain dune «dictature mafieuse à la démocratie» pour reprendre les termes employés par Mehdi Houas, nouveau ministre du Commerce et du Tourisme. Mais il est confiant parce quil nexiste pas dautre choix. Il avoue que le capital sympathie ne suffit pas, ajoutant au passage que, même sil faut se servir de cet élan, la Tunisie «nest pas un zoo où lon vient voir ceux qui ont fait la Révolution».
Le job nest donc pas facile, mais les temps ont changé. La Tunisie ne parlait que de football. Il suffit de sy promener aujourdhui pour comprendre quelle parle désormais seulement (trop?) de politique. Normal, les Tunisiens apprennent sur le tas, à la vitesse de Facebook, confondant parfois vitesse et précipitation, rumeurs et certitudes. Respirer librement na rien dune mince affaire. Mais leur sens des responsabilités est une évidence malgré les dérapages de quelques-uns. «Aujourdhui, commente Peter J. Schönenberger, directeur général du Mövenpick Resort & Marine Spa de Sousse, les gens ont des visions sur lavenir de leur pays, cela montre leur intelligence. Nous ne devons pas les décevoir en restant trop frileux.»
Sil faut dépoussiérer, tout le monde a envie de se retrousser les manches pour actionner les leviers, gommer les défauts et apporter de la valeur ajoutée à léconomie du tourisme. Il faut surtout tracer la voie pour que les professionnels tunisiens du tourisme disposent enfin dune marge de manuvre, que lEtat se contente de son rôle en garantissant linvestissement global et, surtout, que les touristes ne craignent pas de revenir en masse en Tunisie.
Ces derniers écouteront donc avec intérêt les conseils des agents de voyages. LOffice National du Tourisme Tunisien (ONTT) entend mettre moyens et passion pour transmettre la passion de cette Tunisie retrouvée. Sur place, tous ceux qui uvrent dans le tourisme ont beaucoup souffert ces dernières semaines. Il est temps de redonner envie de retrouver, comme le souligne la campagne de promotion qui vient dêtre lancée, «The place to be Now».

