La position de lagent de voyages nest pas facile. Bien sûr, il est loin dêtre le seul à devoir survivre dans un environnement économique difficile, mais il doit composer constamment avec un équilibre sur trois points : le client, le fournisseur et lui-même. Tandis quil doit garantir (quand ce nest pas justifier) à lun le prix donné, il doit satisfaire aux conditions et règles de lautre, tout en sassurant la possibilité de survie en dégageant un minimum de revenu.
Cette recherche permanente est déjà passée par bien des phases et lagent de voyages a dû affronter bien des vents et marées. Entre les catastrophes en tout genre, les luttes internes à la branche avec les fournisseurs (compagnies aériennes ou tour-opérateurs), le développement fulgurant dInternet et les nouveaux canaux de distribution comme celui des ventes privées ou achats groupés, lexistence de la profession aujourdhui relève presque du miracle.
Lévolution de la marche des affaires nest pas sans rappeler le mythe de Sisyphe et de son rocher. Lagent de voyage semble voué à emprunter une voie similaire. Dès quil saccommode dune nouvelle donnée, il se voit confronté à un nouveau problème et à de nouvelles contraintes. Il est quelque part linvité dont on ne veut pas, mais dont on ne peut se passer.
Le temps semble donner raison aux agents de voyages qui nont pas baissé les bras. Certes, lâge dor des voyages est définitivement révolu. Les compagnies aériennes en font le long et douloureux apprentissage. Mais la clientèle na pas déserté les bureaux et succursales. Toutefois, pas comme on aurait pu le craindre. Le client sait où sinformer, mais il sait aussi lintérêt quil a de passer par un professionnel. Tant que la confiance est là, tout va !
Et la confiance ne sobtient quau travers de cet équilibre si fragile et difficile à atteindre entre les trois pôles : client, fournisseur, agent. Pour y arriver, il ny a pas de secret. Il faut sans cesse recommencer dès quun élément perturbateur se manifeste.

