Dans les rangs des TOs comme dans celui des agences, la Suisse romande se distingue par une très grande indépendance. Une liberté qui na pas de prix mais qui, fatalement, soulève un jour ou lautre un problème de succession. Ce jour est arrivé pour un grand nombre dentreprises.
Pour les PME concernées, les options ne sont pas légion: si aucune descendance ne manifeste un réel intérêt à laffaire, il conviendra de définir une solution interne ou dopter pour la un choix extérieur, cest-à-dire la vente. Or, souvent, la première solution nest même pas envisageable: sans doute conscients du problème des marges auquel se heurte une entreprise active dans les voyages, les enfants ou les proches auront choisi une orientation professionnelle autrement plus rémunératrice.
La vente représente quant à elle un risque immense, surtout si lon jette son dévolu sur un généraliste réunissant déjà un nombre élevé de marques spécialisées. Tel est le cas des deux grands actifs en Suisse romande dans le domaine du Tour Operating. Même si elle réunit des compétences remarquables et des connaissances faisant delle un vrai spécialiste dune destination ou dun produit donné, une PME reprise par un grand doit sattendre à une rapide restructuration en profondeur, lacheteur tenant tout simplement à éviter les doublons entre chefs de produit, destinations et réservation.
Et comme on ne fait pas domelettes sans casser des ufs, cest précisément ce qui fait valeur dune entreprise, à savoir son personnel, qui en souffrira immédiatement. Car, dès linstant où un TO, aussi bon soit-il, est aussi actif sur des destinations programmées par le grand repreneur potentiel, ses chances dassurer sa pérennité sont nulles, lacheteur ne conservant dune main quun marque connue pour un produit spécifique pour mieux couper de lautre tout ce qui est superflu. De nombreux exemples plus ou moins récents existent, on se gardera de les citer ici.
Par conséquent, loption interne est la seule qui garantira la survie dune PME, maintiendra les équipes en place et évitera de frapper à une autre porte ou, plus simplement, de mettre la clé sous le paillasson. En choisissant cette voie, les entreprises concernées assurent non seulement leur propre avenir, elles contribuent aussi directement au maintien en Suisse romande dun réseau de distribution composé dune multitude dindépendants. Car il ne faut pas se leurrer: dès le moment où les doigts dune seule main suffiront pour compter le nombre de TOs romands de qualité, les distributeurs indépendants en feront directement les frais et seront très rapidement condamnés.

