Tout va très bien, Mme la marquise (Edition 2010-41)

Cédric Diserens à propos des réservations d’octobre

De prime abord, tout semble rouler pour cette période des relâches d’octobre, considérée par beaucoup comme la véritable haute saison en Suisse. Besoin d’évasion, besoin de soleil, besoin de repos avec cette maudite heure d’été qu’il faut traîner jusqu’à la fin octobre. Les raisons sont sans doute multiples et propres à chacune et chacun. Les agents peuvent se réjouir: pas de volcan à l’horizon.

L’autre constat réjouissant, c’est que le budget ne semble avoir pas bougé. Oh, bien sûr, il existe toujours des clients rêveurs ou mal informés (non pas mal intentionnés) qui pensent pouvoir partir longtemps et loin avec des budgets très, voire trop serrés. Mais c’est là que l’agent de voyage intervient et, si la demande est sérieuse, une solution alternative sera proposée pour qu’au final le client puisse partir.

C’est d’autant plus réjouissant que dans notre économie, le marché du crédit à la consommation, du moins dans les voyages, n’est pas aussi développé que chez nos voisins français. La crise n’est pas passée, mais le réflexe instinctif de la tortue s’est dissipé. Tout au plus pourra-t-on regretter que les vacances sont plus que jamais des plages, du soleil et des bords de mer. Il est vain de se leurrer: l’Egypte séduit le plus grand nombre pour son climat, pas pour sa culture. Inutile cependant de jouer les oiseaux de mauvaise augure, les affaires sont là et c’est tant mieux pour la branche.

En revanche, les séquelles sont là aussi. La clientèle tarde à réserver. Certes, ce n’est pas une vérité unique puisque, à titre d’exemple, la clientèle de Discovery Voyages semble vouloir profiter des réductions et tarifs avantageux offerts aux réservations anticipées. En outre, Internet continue à faire des siennes et le travail des agences augmente, sans que la rémunération suive le mouvement. L’injuste client ne comprend en effet pas pourquoi il devrait payer plus dès lors qu’il met en concurrence des produits souvent peu comparables. Et bien souvent, peu importe la qualité de la relation agent-client… Dès qu’il s’agit d’argent, les amis deviennent méfiants. A nouveau, pas de quoi se lamenter. Il s’agit d’une donnée connue.

Reste alors à se demander si la planification des voyages sera encore d’actualité demain, ou s’il faudra pour la branche – du moins pour les vacances scolaires – développer une capacité à improviser et à répondre à des demandes à très court terme. Le tout, bien évidemment, le moins cher possible.

Le plus frappant dans tout cela est que l’engouement pour les relâches d’octobre montre bien que la clientèle reste encore très dépendante de la météo locale.