Un outil à double tranchant, mais toujours indispensable (Edition 2014-03)

Charters de Genève face à Swiss et Easyjet

Si Internet a pu détourner les clients des produits balnéaires créés par les voyagistes, c’est avant tout parce que l’avion a été désacralisé. Il fut un temps où emprunter ce mode de transport avait presque des airs de cérémonial. Aujourd’hui, le modèle Low Cost a démocratisé l’avion qui devient un moyen de transport équivalent au train ou au bus. Les prix ont bien entendu suivi cette tendance vers le bas.

La voie choisie par Swiss International Air Lines pour sa base genevoise est
clairement dans ce segment. Les règles sont donc celles du point à point avec une visée d’abord sur la clientèle de loisirs. Or, c’est un modèle similaire qu’utilise le charter si cher aux voyagistes. Dès lors, avec une véritable explosion de l’offre de compagnies régulières, comme Easyjet et Swiss, sur des destinations de vacances, on serait tenté de se dire que d’une part, l’économie à réaliser serait intéressante, puisqu’elle supprimerait le risque financier du charter, et que d’autre part, cela répondrait aux souhaits de la clientèle.

En effet, plusieurs TOs vendent aujourd’hui une bonne partie d’arrangements
terrestres uniquement, les vols ayant souvent été réservés à l’avance sur le site de la compagnie choisie, ceci en vue d’avoir les meilleurs tarifs disponibles. C’est d’ailleurs une tendance similaire que Kuoni a suivi avec Kobra et ses hôtels au prix du jour. Dans la mesure où bon nombre de petits TOs sont prêts à «créer» des arrangements avec une Easyjet – l’avantage est que le client connaît les règles du tarif –, tout semble réuni pour que l’on voit le charter disparaître.

Mais cet outil conserve de nets avantages auxquels les TOs ne sont pas totalement prêts à renoncer. Malgré tout, le charter offre une grande flexibilité vis-à-vis d’un vol opéré par une compagnie régulière. Cependant, il est intéressant de voir que l’approche d’Hotelplan et de Kuoni ne soit pas tout à fait la même en la matière. Reste à déterminer si cela tient à une certaine catégorie de clientèle, liée au budget ou à l’âge des voyageurs, ou à une véritable confiance dans le produit charter. Ce dernier a toutefois montré son extrême souplesse dans le cas des vols Air Glaciers sur la Corse, par exemple.

Cédric Diserens