Un pas en avant, deux en arrière (Edition 2013-05)

STA Travel restructure

On dit qu’il faut savoir tirer les leçons du passé afin d’éviter de reproduire une erreur. Dans le cas de STA Travel Suisse, on serait en droit de s’interroger sur la capacité d’observation du marché et de l’environnement de la branche des voyages. A un moment donné de son histoire, l’entreprise a choisi la voie de la centralisation. Si, de prime abord, la méthode peut laisser entrevoir des économies et un fonctionnement optimisé, il est indéniable que l’idée est moins bonne qu’elle n’en a l’air.

Le virage de STA s’est effectué en mars 2012, avec la centralisation de la production et du marketing à Francfort. Plus de quinze ans avant cela, Carlson Wagonlit Travel renonçait à prendre un virage similaire, avec la création de centres de réservations européens. En effet, le spécialiste des voyages d’affaires reconnaissait alors que même si l’on était une entreprise de portée mondiale, c’était la présence locale qui primait pour la clientèle. Depuis, nombreuses sont les entreprises, tous secteurs confondus, qui ont été confrontées à cette réalité. Rien ne remplace la proximité d’un marché donné.

Le plus surprenant, c’est que la proximité était à la base du succès de STA Travel, l’ancienne SSR. Lors des différentes réorganisations en Suisse, des agences comme celle de l’Université de Lausanne ont été maintenues. Si l’on tient compte de l’importance de l’image de STA pour les voyages estudiantins, c’est une décision qui est parfaitement justifiée. Dès lors, le choix d’un regroupement au siège de Francfort n’en est que moins compréhensible. Et c’est exactement ce que semble avoir constaté Kay Fischer, Managing Director Central Europe, un homme provenant d’un secteur hors de la branche des voyages! Aussi a-t-il remis au centre les compétences premières de STA Travel : billets E-SATA, tour du monde, etc.

L’essentiel lorsque l’on parle d’erreurs est de ne pas les répéter. Il reste donc à espérer que STA Travel retienne la leçon et se donne les moyens d’être au plus proche de ses marchés. Le pas en avant, suivi de deux en arrière, permettront sûrement à STA de mieux rebondir.