Un poids, trop de mesures? (Edition 2011-17)

Cédric Diserens à propos de la résolution IATA 302

La volonté d’une transparence lorsqu’il y a déréglementation n’est pas sans rappeler le travail auquel Zeus avait condamné Sisyphe. Un pas en avant s’accompagne souvent de trois pas en arrière. Ici, la problématique des bagages peut s’aborder de deux manières. D’un côté, les optimistes verront le verre à moitié plein et se réjouiront de savoir que l’agent de voyages redevient plus que jamais indispensable pour ne pas se perdre dans le seul monde du transport aérien.

Les pessimistes verront pour leur part le verre à moitié vide et ne pourront que regretter une surcharge supplémentaire de travail avec, à la clé, non pas une rétribution garantie mais le risque de voir le client les blâmer en cas de problème. Pourtant, à nouveau, il convient de saluer le fond. IATA prend ici son sens d’organe international représentant les compagnies aériennes membres en cherchant une solution pour palier les nombreuses règles et tarifs en vigueur.

La crise pétrolière a en effet conduit les compagnies aériennes à examiner chaque élément engendrant une dépense de carburant. Le transport des bagages semble avoir un poids important puisque beaucoup renoncent aujourd’hui à offrir le transport de deux pièces ou réduisent la franchise. 

Parallèlement, les regroupements se font de plus en plus nombreux. Les membres des alliances optimisent leurs réseaux avec une répartition des charges. Dès lors, l’Interlining va devenir de plus en plus difficile à éviter et le scénario d’un billet avec plusieurs compagnies paraît inévitable.

Cependant, c’est à nouveau dans la forme que l’idée pêche. Premier problème, et non des moindres: la base de données dans laquelle les GDS vont chercher les informations n’est pas obligatoirement complète. Les compagnies membres de IATA ne sont en effet pas obligées de fournir les informations relatives à leur politique de transport des bagages. A celles-ci s’ajoutent les compagnies non membre, comme Ryanair.

Avec sa résolution 302, IATA reporte aussi également le problème plus loin. En cas d’informations manquantes, les GDS sont invités à orienter les utilisateurs vers la compagnie aérienne. On imagine parfaitement le malaise qui peut s’installer lors d’un conseil au client. L’agent, incapable de répondre, doit alors s’adresser à la compagnie? Surtout que le client final n’a pas accès à la fameuse base de données. Et lorsque l’on sait que les GDS ont retardé l’introduction des bases de données, on peut se demander s’il n’y a pas matière à revoir la copie.