Un train peut en cacher un autre (Edition 2011-25)

Cédric Diserens à propos de TGV Lyria

TGV Lyria continue son développement et ne semble pas vouloir prendre une minute de répit. L’offre est sans cesse renouvelée en termes de tarifs et les lignes se mettent peu à peu en place, même si celles-ci comportent de très grands obstacles géographiques. Ainsi, comme l’annonçait Alain Barbey, directeur 

général, la ligne du Haut-Bugey était un défi à relever, avec de nombreuses contraintes techniques. Et même si le record de vitesse d’une rame TGV en 2007 à un peu plus de 574 km/h, il y a peu de chance de voir les trains d’Europe circuler à cette vitesse avant longtemps.

Ce qui surprend toujours à prime abord, c’est la présence de TGV Lyria sur deux canaux pourtant bien concurrents: TOs et vente directe. La porte n’est pas du tout fermée aux voyagistes, bien au contraire. TGV Lyria est toujours de la partie pour les offres spéciales des TOs, vraisemblablement avec pour objectif de s’assurer qu’un maximum de voyageurs se rendant à Paris ne bascule pas sur l’avion. De leur côté, les TOs ne bénéficient peut-être pas des prix les plus «sexy» en apparence – soit les plus bas –, mais ont des conditions tarifaires solides.

Dans le même temps, TGV Lyria s’active sans cesse sur le terrain de la vente directe. Offre tarifaires relayées sur de grands panneaux publicitaires, actions spéciales, remaniement de l’offre pour chaque clientèle. Le modèle de fonctionnement adopté fait que le voyage en train se rapproche un peu de celui en avion. La réservation obligatoire permet de gérer plus aisément le service que le modèle des CFF où monte qui le veut. Et la réactivité ne s’arrête pas là.

En embarquant désormais un double personnel à bord (un contrôleur français et un contrôleur suisse), TGV Lyria offre à ses clients un interlocuteur «local». Autre avantage de cette formule: un passager souhaitant se rendre de Paris à Morges pourra acquérir le billet de train Genève–Morges directement à bord du train. Fini donc d’avoir à faire la queue à un guichet ou un automate de la gare. Fini également d’avoir à subir le regard du contrôleur CFF dans le train Genève–Morges, en sus de la surtaxe à payer.

Et puisqu’il faut comparer avec les CFF, il y a là une leçon à retirer. Le matériel roulant se modernise. Le service à bord ne va cesser de s’améliorer, creusant petit à petit un écart de plus en plus grand avec celui proposé sur les trains helvétiques. Le prix quant à lui semble parti pour continuer à rester très compétitif. De plus, au prochain changement d’horaire, ce n’est plus une surtaxe qu’il faudra payer pour acheter son billet de train à bord, mais une amende de 80 francs. A ce train là, on serait tenté de se dire que les chemins de fer helvétiques sont sur une bien mauvaise voie.