Une ombre sur les TOs romands (Edition 2010-19)

De taille plus modestes, ils ont bénéficié d’un temps de réaction plus rapide et les spécialistes ont pu montrer leur force.

Le nombre de clients touchés varie avec une certaine incidence selon les destinations concernées. Chez Lets Travel, Louis Siriwardena parle d’une vingtaine de dossiers. Chez Trade Wings, Guillaume Winterstein parle de près de 225 clients répartis entre l’Egypte (une majorité), Israël, Syrie et Emirats Arabes Unis. Pour Air Marin, Michel Vargues compte 291 clients en Tunisie, en Egypte, au Maroc et au Portugal. Enfin chez Club Med Suisse, 286 clients ont été concernés.

La réaction a été rapide et les priorités définie. «Heureusement que cela s’est produit avant le week-end, commente Louis Siriwardena. L’avantage d’être une petite structure, c’est que nous avons pu rapidement faire le point sur nos dossiers et contacter les hôteliers sur place. Au final, nous avons tout payé à nos clients. Il faut reconnaître que nos partenaires sur place ont joué le jeu et nous ont accordé les tarifs les moins chers.»

Tant chez Trade Wings que chez Air Marin, la réaction a été la mise en place d’une cellule de crise permettant d’être joignable 24h sur 24. «Nos correspondants ont bien sûr relayé l’information, indique Guillaume Winterstein. Nous avons travaillé depuis chez nous et Christiane Morisod, notre directrice, a passé son dimanche au bureau.» Michel Vargues: «Notre cellule de crise a été active jusqu’au 23 avril. Nous avons pris en charge l’hébergement des clients dans les hôtels d’origine pour la première nuit. Ensuite, nous avons procédé à des regroupements dans des établissements moins onéreux. En dehors de l’Egypte où les opérations de rapatriement ont été plus compliquées et plus longues, la majorité de nos clients étaient de retour dès le 20 avril.»

Selon les estimations, les coûts devraient être élevés, mêmes s’ils l’ont été davantage pour le court et moyen courrier que pour le long courrier. Louis Siriwardena: «Les coûts ne devraient pas dépasser les 10’000 francs.» Guillaume Winterstein: «Au total, cet incident a dû nous coûter près de 20’000 francs en comptant les frais de téléphone, heures supplémentaires, etc. Ayant pu replacer sans frais les clients qui n’ont pu partir, les pertes ont été limitées.» Michel Vargues: «Nous estimons les frais aux environs de 50’000 francs.»

Reste encore le travail administratif tel que les demandes de remboursement. Si pour Lets Travel tout a pu être réglé au plus vite, Trade Wings s’attend encore à un mois pour régler les derniers problèmes, tandis qu’Air Marin prévoit trois à six mois. La force des petits voyagistes s’est révélée être le réseau et les liens qui ont pu être tissés sur place. «C’est aussi ça que d’être spécialiste: travailler sur une destination que l’on connaît et sur laquelle on dispose du réseau nécessaire pour intervenir rapidement et de manière efficace.» Quant au Club Med, l’intégralité des cas a pu être résolue.

Cédric Diserens