Depuis le début de la dernière décennie, Air France-KLM navait rien entrepris de spectaculaire au niveau de son organigramme en Suisse. Le groupe, qui se positionnait comme «la compagnie des Romands» au lendemain de la décon-fiture de Swissair avait en fait tendance à sendormir sur ses lauriers. Et après des années de croissance, elle fut tout simplement victime dun réel tassement en termes de volume de trafic.
Là, les chiffres parlent deux-mêmes, en tout cas pour ce qui concerne Genève Aéroport: baisse de 9% du trafic pour Air France en 2010 et légère hausse de 6% pour KLM. Lannée passée, léger mieux pour Air France (plus 1%) et augmen-tation de 16% pour la compagnie hollandaise qui avait il est vrai ajouté un vol par jour sur Amsterdam. En termes de parts de marché, Air France détenait lan dernier 5,2% du volume à Genève contre 3% à KLM. Mais au «Top 15» des prin-cipales destinations de Genève Aéroport, Paris CDG et Amsterdam, respective-ment deuxième et troisième, sont toujours sur le podium, mais loin derrière Londres. Stagnation il y avait donc, et Air France-KLM sest décidé à prendre le taureau par les cornes.
Aujourdhui, le groupe européen auquel il convient dajouter laméricaine Delta adopte une structure de proximité au niveau des ventes. En fait, son organisation est presque rigoureusement identique à celle de Swiss, avec des départements Leisure Sales et Business Sales, à la différence quelle na plus dorientation géographique entre Genève et Zurich. Fatalement, on ne fait jamais domelettes sans casser des ufs. Et ladoption de la nouvelle structure se traduit aujourdhui
par le départ de plusieurs professionnels qui ont incarné Air France pendant des années. Des personnes qui, toutes, ont toujours cultivé jusquici la fameuse proximité dont il est question aujourdhui.
Proximité ou non, cest le marché qui décide. Et si la segmentation daujourdhui colle enfin à celui-ci, Air France, qui ne sen cache pas dailleurs, continuera de se heurter à un problème majeur: limage -extrêmement négative de son hub de Paris CDG dans lesprit des -professionnels, des voyageurs daffaires, des voyageurs fréquents et des touristes, satellite S4 ou non.
Cest là le plus grand défi que devra relever la nouvelle équipe en place: convaincre la clientèle que la base dAir France est fiable et que le principal acteur de CDG dispose enfin dune plate-forme aéroportuaire quil mérite.
Dominique Sudan

