Personnage entier, Yves Lachenal est depuis dix-neuf ans déjà à la tête dUnivair Voyages. Un TO romand qui, au fil des ans, sest fait une place sur trois destinations principales, la Tunisie, la Sicile et la Croatie, générant environ 80% du volume annuel, dont la moitié pour la seule Tunisie, quil sagisse du balnéaire classique ou du désert quUnivair affectionne particulièrement, au départ de Tozeur.
«Aujourdhui, nous sommes en pleine phase de réorganisation interne et danalyse de la production. En termes de production et de brochures, nous avons opté pour une Sélection dété réunissant nos trois destinations phares ainsi que lEspagne. Nous agissons de même durant la période hivernale. Les distributeurs doivent savoir que cette sélection, comme son nom lindique, ne constitue quune base de ce quil est possible de réserver chez nous. Sur la seule Tunisie par exemple, rien ne sert de publier les 80 hôtels que nous avons alors que la quarantaine détablissements présentés en brochure génère entre 75 et 80% du volume annuel. Cette même remarque sapplique à la Croatie et à la Sicile», explique Yves Lachenal.
En dépit du fait quune brochure nest jamais dactualité en raison des multiples changements touchant au parc hôtelier, Univair a maintenu cet outil de travail comme il a maintenu une liste de prix afin que le client ait une idée du budget requis.
Même sil se concentre sur ses valeurs sûres, le TO genevois reste aussi actif dans ce quYves Lachenal appelle des produits de niche à développer via une diffusion sur Internet. Tel est le cas du Sénégal, de la Guyane ou du Brésil. Lanalyse de la production porte également sur le produit Amérique latine & Caraïbes. Là, Univair a déjà décidé de se concentrer lhiver prochain sur la République dominicaine.
Dominique Sudan
Dans le contexte actuel, les petits TOs doivent souquer ferme pour se faire une place au soleil de la distribution. Tel est le cas dUnivair qui reconnaît toutefois que les filiales et succursales dHotelplan et même de Kuoni représentent un joli volume annuel, tout comme de nombreuses agences indépendantes, membres ou non dun réseau volontaire type APR, AVP ou TPA.
«Le plus gros défi que les TOs indépendants doivent relever aujourdhui ne se situe pas forcément dans la distribution mais dans lévolution de la branche. Nous passons davantage de temps à résoudre des pro-blèmes quà pratiquer notre véritable métier. Labsence déthique, de valeur ou de cadre, appelons-la comme on veut, en est à lorigine. Quon ladmette ou non, nos fournisseurs aériens et hôteliers sont devenus nos plus grands concurrents. Labsence de réglementation dans les voyages est aussi une plaie. A nos débuts,
le Minimum Selling Price (MSP) existait au moins, ça nest plus le cas et influence directement la rentabilité des entreprises. Prenons un seul exemple: 30 francs de plus ou de moins sur plus
de 10 000 passagers représentent une somme considérable pour une PME. Or, tout le monde brade aujourdhui, y compris en haute saison.»
Et en plus, les agences font pour la plupart du micro-touroperating tout en reprochant aux TOs dêtres actifs en direct. La surcapacité en périodes intermédiaires leur permet davoir accès à des sièges dans des classes de réservation tout à fait intéressantes. Ce nest finalement quen période de vacances scolaires que le TO y trouve vraiment son compte. Cest là que le bât blesse même si nous comptons encore sur de vrais parte-naires.»

