Univair mise sur ses valeurs (Edition 2010-17)

Univair Voyages se concentre sur trois destinations phares et des produits de niche.

Personnage entier, Yves Lachenal est depuis dix-neuf ans déjà à la tête d’Univair Voyages. Un TO romand qui, au fil des ans, s’est fait une place sur trois destinations principales, la Tunisie, la Sicile et la Croatie, générant environ 80% du volume annuel, dont la moitié pour la seule Tunisie, qu’il s’agisse du balnéaire classique ou du désert qu’Univair affectionne particulièrement, au départ de Tozeur.

«Aujourd’hui, nous sommes en pleine phase de réorganisation interne et d’analyse de la production. En termes de production et de brochures, nous avons opté pour une ‹Sélection d’été› réunissant nos trois destinations phares ainsi que l’Espagne. Nous agissons de même durant la période hivernale. Les distributeurs doivent savoir que cette sélection, comme son nom l’indique, ne constitue qu’une base de ce qu’il est possible de réserver chez nous. Sur la seule Tunisie par exemple, rien ne sert de publier les 80 hôtels que nous avons alors que la quarantaine d’établissements présentés en brochure génère entre 75 et 80% du volume annuel. Cette même remarque s’applique à la Croatie et à la Sicile», explique Yves Lachenal.

En dépit du fait qu’une brochure n’est jamais d’actualité en raison des multiples changements touchant au parc hôtelier, Univair a maintenu cet outil de travail comme il a maintenu une liste de prix afin que le client ait une idée du budget requis. 

Même s’il se concentre sur ses valeurs sûres, le TO genevois reste aussi actif dans ce qu’Yves Lachenal appelle des produits de niche à développer via une diffusion sur Internet. Tel est le cas du Sénégal, de la Guyane ou du Brésil. L’analyse de la production porte également sur le produit Amérique latine & Caraïbes. Là, Univair a déjà décidé de se concentrer l’hiver prochain sur la République dominicaine. 

Dominique Sudan

Dans le contexte actuel, les petits TOs doivent souquer ferme pour se faire une place au soleil de la distribution. Tel est le cas d’Univair qui reconnaît toutefois que les filiales et succursales d’Hotelplan et même de Kuoni représentent un joli volume annuel, tout comme de nombreuses agences indépendantes, membres ou non d’un réseau volontaire type APR, AVP ou TPA.

«Le plus gros défi que les TOs indépendants doivent relever aujourd’hui ne se situe pas forcément dans la distribution mais dans l’évolution de la branche. Nous passons davantage de temps à résoudre des pro-blèmes qu’à pratiquer notre véritable métier. L’absence d’éthique, de valeur ou de cadre, appelons-la comme on veut, en est à l’origine. Qu’on l’admette ou non, nos fournisseurs aériens et hôteliers sont devenus nos plus grands concurrents. L’absence de réglementation dans les voyages est aussi une plaie. A nos débuts,
le Minimum Selling Price (MSP) existait au moins, ça n’est plus le cas et influence directement la rentabilité des entreprises. Prenons un seul exemple: 30 francs de plus ou de moins sur plus
de 10 000 passagers représentent une somme considérable pour une PME. Or, tout le monde brade aujourd’hui, y compris en haute saison.»

Et en plus, les agences font pour la plupart du micro-touroperating tout en reprochant aux TOs d’êtres actifs en direct. La surcapacité en périodes intermédiaires leur permet d’avoir accès à des sièges dans des classes de réservation tout à fait intéressantes. Ce n’est finalement qu’en période de vacances scolaires que le TO y trouve vraiment son compte. C’est là que le bât blesse même si nous comptons encore sur de vrais parte-naires.»