Vers un affaiblissement de la formation scolaire? (Edition 2012-33)

Recul des apprentis en Suisse romande

Lorsqu’il s’agit de former les jeunes recrues, il est fréquent d’entendre toujours la même rengaine: les volées précédentes étaient meilleures, la formation n’est plus ce qu’elle était… Nombreux sont ceux qui ont entendu cela, y compris parmi ceux qui forment aujourd’hui. Et c’est un phénomène qui ne se cantonne nullement aux voyages, mais qui touche tous les secteurs.

La formation scolaire a connu maintes réformes. Celles-ci ont toujours revendiqué une volonté de rendre l’éducation plus efficace, de la faire davantage coller aux besoins actuels. Au final, elles ont bien souvent apporté plus de confusion qu’une réelle amélioration, mais c’est une autre histoire. La remise en question est un processus sain et qui, lorsqu’il est bien appliqué, apporte de réels résultats. Pourtant, à écouter les professionnels, il semble bien qu’il y ait un problème
grandissant.

De manière unanime, les formateurs de la branche des voyages reconnaissent qu’une baisse de qualité au niveau de la formation scolaire est observée. Français, mathématiques, culture générale… les lacunes peuvent être observées dans différents domaines. S’il est impensable pour un secteur de l’économie de révolutionner l’éducation, il est néanmoins inquiétant de constater que la situation a des effets concrets sur la formation professionnelle.

Au sein des grands réseaux suisses (Hotelplan, Kuoni et TUI), seul un avoue qu’il serait possible de former davantage s’il n’y avait pas un certain nombre de candi-dats pénalisés par leurs lacunes. Bien entendu, il conviendrait de comparer le nombre de places offertes et celui de candidats pour voir si les mesures sont les mêmes (des trois, Kuoni semble être l’entreprise qui forme le plus en Suisse romande).

Pour le moment les exigences de la formation professionnelle n’ont pas été revues à la baisse, contrairement à la tendance qui prédomine dans l’éducation scolaire où un nivellement par le bas est généralement appliqué. Mais à terme, cela pourra-t-il continuer ainsi? La question doit se poser et, dans la mesure du possible, il convient aux acteurs professionnels sonner l’alarme si la relève venait à ne plus être à niveau pour une formation décente. Car c’est une certitude: les professionnels ne pourront pas se substituer à l’école et combler les retards des -nouveaux apprentis.

Cédric Diserens