Vers une «formation» à deux vitesses? (Edition 2012-27)

E-Learning chez Hotelplan

La question des workshops, tant sur la forme que sur le contenu, se pose depuis plusieurs années à présent. A vrai dire, elle se pose depuis que l’âge d’or est terminé et que les coûts importent réellement. Les réflexions et essais, trans-formés ou non, sont nombreux: petits-déjeuners, soirées, grands rendez-vous, workshops extra-muros, divertissements ou simples activités conviviales constituent l’offre d’aujourd’hui.

Il faut reconnaître que l’équation n’est pas simple. D’une part, un tel événement ne prend du sens que lorsque l’on arrive à avoir une audience. Il faut donc trouver une tranche horaire idéale, un jour de semaine qui convienne, et si nécessaire, trouver quelque chose d’attrayant. Une fois ceci déterminé, il faut encore savoir ce que l’on souhaite retirer d’un tel événement. S’il est impossible ou totalement naïf de penser qu’une simple présentation suffira à augmenter les ventes, il est en revanche possible de jouer sur le capital «sympathie».

Dès lors, il ne s’agit plus d’effectuer une simple énumération scolaire des nouveautés de la production, mais d’organiser un événement plus ou moins directement lié à celle-ci (atelier culinaire, une pièce de théâtre suivie d’un lunch convivial ou l’invitation à un spectacle). Certains reprochent la «perte de temps» que représente une soirée trop légère parmi les nombreuses sollicitations, car ils attendent en effet ces rendez-vous pour rencontrer un Product Manager ou un responsable. La formule fonctionne en revanche à merveille lorsqu’il s’agit d’un simple moment de détente informel, comme la projection privée d’un film ou la participation à un concert ou un festival.

C’est précisément sur ce capital «sympathie» que Tourisme Pour Tous a misé depuis plusieurs années. Tunisie, Marrakech, Egypte, les lieux exotiques ont été nombreux. La formule choisie par Hotelplan semble trancher avec cette pratique. La formule du E-Learning va certes permettre une concentration complète sur le produit et le nombre d’agents touchés sera vraisemblablement accru. En contrepartie, la relation avec le TO risque, si le service aux agences n’est pas renforcé, de s’affaiblir.

Et il y aura une formation à deux vitesses: les employés n’auront «que» l’E-Learning pour se former, tandis que les chefs d’agences auront droit à des tables rondes. Les employés devront-ils attendre d’être promus au rôle de chef d’agence pour espérer rencontrer la direction d’un voyagiste?

Cédric Diserens