Si personne nest en mesure de prédire lavenir, il nest pas impossible de prendre un peu de recul et de se pencher sur la démarche de Swiss dans sa base régionale de Genève. Tout dabord, force est de constater que la compagnie ne ménage pas ses efforts en termes de marketing. Outre la campagne daffichage, on retrouve Swiss sur les ondes radiophoniques, partenaire de concours, ou encore de spectacles locaux. Bref, tout est là pour que le nom et limage soient dans tous les esprits.
Le choix des destinations porte désormais à un peu moins de 30 les liaisons directes programmées au départ de Genève (28, si lon exclut Zurich, presque essentiellement dévouée à du feeder ou du trafic daffaires). On pourrait également ignorer New York qui nest pas à proprement parler une destination sinscrivant dans la nouvelle politique tarifaire de Swiss à Genève. Le choix de destinations de vacances est posé et il ne reste plus quà appâter le chaland avec des prix dignes de la concurrence.
Cest là que commence à poindre une difficulté. Certes, il na jamais été question pour Swiss de brader son service. Néanmoins, la compagnie va devoir compter avec un problème déquilibre plutôt périlleux. En effet, si le modèle de la tarification adopté dépend du remplissage de lappareil, limage que le client va percevoir risque den prendre un sérieux coup. Lexemple suivant permettra dappréhender un peu mieux le nud du problème.
Ajaccio, samedi 31 mai (premier jour dopération pour Swiss sur cette destination saisonnière). Easyjet est déjà en place depuis quelques semaines avec trois vols hebdomadaires. Mais sur ce jour-là, avec un retour le samedi suivant, Swiss affiche déjà près de 70 francs décart avec son concurrent direct. Une différence qui peut sexpliquer par le remplissage. Easyjet programme trois vols dans la semaine, alors que Swiss nen programme quun. Dès lors, difficile de donner limpression davoir des prix concurrentiels sur une telle destination. Et sur ce terrain, cest ce dernier qui guide le client.

