Vers une nouvelle version de David contre Goliath? (Edition 2014-02)

Swiss et Easyjet s’affrontent à Genève

Si personne n’est en mesure de prédire l’avenir, il n’est pas impossible de prendre un peu de recul et de se pencher sur la démarche de Swiss dans sa base régionale de Genève. Tout d’abord, force est de constater que la compagnie ne ménage pas ses efforts en termes de marketing. Outre la campagne d’affichage, on retrouve Swiss sur les ondes radiophoniques, partenaire de concours, ou encore de spectacles locaux. Bref, tout est là pour que le nom et l’image soient dans tous les esprits.

Le choix des destinations porte désormais à un peu moins de 30 les liaisons directes programmées au départ de Genève (28, si l’on exclut Zurich, presque essentiellement dévouée à du feeder ou du trafic d’affaires). On pourrait également ignorer New York qui n’est pas à proprement parler une destination s’inscrivant dans la nouvelle politique tarifaire de Swiss à Genève. Le choix de destinations de vacances est posé et il ne reste plus qu’à appâter le chaland avec des prix dignes de la concurrence.

C’est là que commence à poindre une difficulté. Certes, il n’a jamais été question pour Swiss de brader son service. Néanmoins, la compagnie va devoir compter avec un problème d’équilibre plutôt périlleux. En effet, si le modèle de la tarification adopté dépend du remplissage de l’appareil, l’image que le client va percevoir risque d’en prendre un sérieux coup. L’exemple suivant permettra d’appréhender un peu mieux le nœud du problème.

Ajaccio, samedi 31 mai (premier jour d’opération pour Swiss sur cette destination saisonnière). Easyjet est déjà en place depuis quelques semaines avec trois vols hebdomadaires. Mais sur ce jour-là, avec un retour le samedi suivant, Swiss affiche déjà près de 70 francs d’écart avec son concurrent direct. Une différence qui peut s’expliquer par le remplissage. Easyjet programme trois vols dans la semaine, alors que Swiss n’en programme qu’un. Dès lors, difficile de donner l’impression d’avoir des prix concurrentiels sur une telle destination. Et sur ce terrain, c’est ce dernier qui guide le client.

Cédric Diserens