Le monde du commerce conduit parfois à sinterroger sur lorigine du succès dun produit ou dune tendance. Il est difficile de discerner si un courant est le fruit dun choix des consommateurs ou sil est le résultat dune stratégie marketing du producteur. Une chose est certaine, le secteur des vacances est aujourdhui entièrement voué à ce que certains appellent «la mode du zapping». Emprunté à lunivers de la télévision, il sagit dun comportement où lon consomme vite, beaucoup et en petites quantités.
Depuis plusieurs années, les voyagistes constatent une tendance vers des clients qui voyagent plus fréquemment, mais moins longtemps. Une pratique qui a pu se démocratiser et se développer avec lessor du Low Cost en Europe. Et lorsquun produit rencontre une tendance au bon moment, lévolution est inévitable. Lentement, mais sûrement, les compagnies aériennes de ligne ont finalement cherché à rejoindre leurs concurrentes du segment Low Cost en appliquant une politique de tarifs bas et un modèle faisant fi des anciennes règles du séjour minimum, allant même jusquà démocratiser à lextrême laller-simple.
Conséquence logique de cela: le charter a pris un peu plus de plomb dans laile. Sil nest pas pour autant rangé dans les produits du passé, ce type de vol na plus sa place sur tous les marchés du moins pas dans sa forme complète. Les voyagistes, petits et grands, ont tous adopté plus ou moins rapidement lélaboration de forfaits incluant des vols Low Cost, puis plus récemment, de ligne. Le problème de laffrètement et des risques financiers liés ne se pose donc plus. De plus, le client profite dune situation florissante avec à la clé un vaste choix doptions.
On assisterait donc bien là à une évolution dictée par les consommateurs. Reste une inconnue: où se situe la limite du modèle actuellement en place? Rien que pour Genève, Easyjet totalise 64 destinations, tandis que Swiss en propose une trentaine. Cela sans compter la concurrence des autres compagnies offrant du court- et moyen-courrier. Toutes sont cependant soumises à un besoin vital: la rentabilité. Celle-ci ne devra donc pas se faire au détriment de la fiabilité de loffre.
Cédric Diserens

