Vols charters face aux vols de ligne à Genève (Edition 2014-41)

Inéluctable évolution dictée par les consommateurs?

Le monde du commerce conduit parfois à s’interroger sur l’origine du succès d’un produit ou d’une tendance. Il est difficile de discerner si un courant est le fruit d’un choix des consommateurs ou s’il est le résultat d’une stratégie marketing du producteur. Une chose est certaine, le secteur des vacances est aujourd’hui entièrement voué à ce que certains appellent «la mode du zapping». Emprunté à l’univers de la télévision, il s’agit d’un comportement où l’on consomme vite, beaucoup et en petites quantités.

Depuis plusieurs années, les voyagistes constatent une tendance vers des clients qui voyagent plus fréquemment, mais moins longtemps. Une pratique qui a pu se démocratiser et se développer avec l’essor du Low Cost en Europe. Et lorsqu’un produit rencontre une tendance au bon moment, l’évolution est inévitable. Lentement, mais sûrement, les compagnies aériennes de ligne ont finalement cherché à rejoindre leurs concurrentes du segment Low Cost en appliquant une politique de tarifs bas et un modèle faisant fi des anciennes règles du séjour minimum, allant même jusqu’à démocratiser à l’extrême l’aller-simple.

Conséquence logique de cela: le charter a pris un peu plus de plomb dans l’aile. S’il n’est pas pour autant rangé dans les produits du passé, ce type de vol n’a plus sa place sur tous les marchés – du moins pas dans sa forme complète. Les voyagistes, petits et grands, ont tous adopté plus ou moins rapidement l’élaboration de forfaits incluant des vols Low Cost, puis plus récemment, de ligne. Le problème de l’affrètement et des risques financiers liés ne se pose donc plus. De plus, le client profite d’une situation florissante avec à la clé un vaste choix d’options.

On assisterait donc bien là à une évolution dictée par les consommateurs. Reste une inconnue: où se situe la limite du modèle actuellement en place? Rien que pour Genève, Easyjet totalise 64 destinations, tandis que Swiss en propose une trentaine. Cela sans compter la concurrence des autres compagnies offrant du court- et moyen-courrier. Toutes sont cependant soumises à un besoin vital: la rentabilité. Celle-ci ne devra donc pas se faire au détriment de la fiabilité de l’offre.

Cédric Diserens