
À l’occasion du salon professionnel Rendez-vous en France 2026 à Nice, Frédéric Meyer, directeur régional d’Atout France pour la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne et l’Europe centrale, revient sur la réorganisation du dispositif d’Atout France en Europe, marquée notamment par la réduction du rôle opérationnel du bureau de Zurich.
Désormais pilotées depuis Francfort, les actions sur le marché suisse s’inscrivent dans une logique régionale renforcée, tout en maintenant une présence locale via des relais et des partenaires institutionnels.
Dans ce contexte, la Suisse demeure un marché prioritaire, au centre d’une stratégie davantage orientée vers la création de valeur et une meilleure répartition des flux touristiques. Mais quelles évolutions organisationnelles concernent la Suisse et les marchés dépendant de Frédéric Meyer?
«Atout France a engagé une réorganisation de son réseau international afin d’adapter ses moyens aux contraintes budgétaires et de renforcer la cohérence régionale des actions. Le dispositif repose désormais sur un pilotage régional depuis Francfort pour la région Allemagne, Suisse, Autriche, Pologne et Europe centrale. Les activités de promotion, presse et partenariats se poursuivent dans une logique mutualisée à l’échelle régionale. Le bureau de Zurich d’Atout France est réduit en taille. Son intervention en Suisse s’appuiera davantage sur des relais locaux et sur une coopération renforcée avec les partenaires institutionnels, la Chambre de commerce française et les services diplomatiques», répond le directeur régional.
Dans le cadre de sa réorganisation et du pilotage des activités depuis Francfort, Atout France procède à un redéploiement de ses effectifs à Zurich, visant à en limiter l’impact sur les équipes, tout en assurant la présence d’au moins un collaborateur sur site.
Avec environ 7 milliards d’euros de recettes touristiques générées par la clientèle helvétique, la Suisse figure parmi les marchés européens les plus importants pour la France.
Didier Walzer, Nice
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«La Suisse constitue un marché structurant pour l’Hexagone»
Frédéric Meyer détaille les priorités pour les marchés suisse, allemand et d’Europe centrale.
Quels sont les principaux leviers de croissance pour la France sur vos marchés?
La Suisse constitue un marché structurant pour l’Hexagone. Il représente environ 7,2 millions de visiteurs par an et 7 milliards d’euros de retombées économiques, ce qui en fait un marché essentiel en termes de dépenses touristiques internationales pour la France. C’est un marché mature, mais toujours dynamique, porté par la proximité géographique et une accessibilité aérienne et ferroviaire en développement entre la Suisse et plusieurs régions tricolores.
Le positionnement actuel d’Atout France s’inscrit dans une évolution plus large. Il ne s’agit plus seulement d’augmenter les arrivées, mais d’accroître la valeur des séjours et de mieux répartir les flux touristiques dans le temps et sur le territoire.
Dans cette logique, la clientèle helvétique joue un rôle majeur, notamment en raison de sa forte mobilité annuelle et de son intérêt pour les courts séjours.
Quelles évolutions observez-vous dans ses attentes?
Les voyageurs suisses recherchent avant tout une combinaison de proximité, de diversité et de qualité. La France leur offre un accès rapide à des environnements variés : littoral, montagne, villes culturelles.
On constate une montée en puissance des attentes liées à l’expérience – gastronomie, culture, activités de plein air – ainsi qu’une attention accrue portée à la qualité de service et à la durabilité.
Comment la France se différencie-t-elle aujourd’hui?
Elle dispose d’un patrimoine touristique dense et diversifié, avec une offre culturelle, naturelle et événementielle favorisant la répétition des escapades. Sa proximité avec la Suisse constitue un avantage structurel, facilitant les courts séjours et la flexibilité des déplacements. Les événements culturels et sportifs, ainsi que la richesse gastronomique et viticole, renforcent cette attractivité.
Le plan d’action repose également sur la désaisonnalisation et la diversification des expériences, afin d’encourager les voyages hors périodes de forte affluence et de valoriser des destinations moins exposées.
Que doit encore améliorer la France pour continuer de rester la première destination touristique mondiale?
La priorité reste la qualité du service, la personnalisation de l’accueil et la capacité à proposer des prestations adaptées aux attentes d’une clientèle exigeante. Le tourisme durable et la valorisation de lieux moins connus sont en outre des axes de développement prépondérants.
Il faut poursuivre avec audace la valorisation de nos champs d’excellence, de notre patrimoine, de nos événements culturels et sportifs, si nombreux en France – 46’000 monuments, parcs et jardins, 6000 festivals ou encore 19’000 km d’itinéraires/pistes cyclables –, ainsi que les développements en matière d’innovation technologique et digitale pour découvrir, puis expérimenter la diversité de l’offre touristique française.
Le modèle touristique est-il encore soutenable?
Le secteur doit intégrer des contraintes croissantes, telles que le pouvoir d’achat, le climat ou les tensions internationales.
Atout France mise donc sur une offre diversifiée et sur la montée en puissance du tourisme écologique, avec l’ambition de positionner la France parmi les premières destinations durables à l’horizon 2030.
Le surtourisme est-il une réalité?
Des tensions existent localement, sur certains sites et à certaines périodes. L’enjeu principal reste toutefois une meilleure répartition des flux dans le temps et sur le territoire.
Quel conseil donneriez-vous aux professionnels?
La clé reste l’approche de partenariats et vis-à-vis des clients, la qualité de l’accueil ; écoute, personnalisation et capacité à s’adresser aux clients dans leur langue. (DW)








