
Bali vit de plus en plus une histoire de amour-haine avec son tourisme. Si l’île indonésienne est totalement consciente que sa plus grande richesse économique est le tourisme, elle semble supporter de plus en plus mal le trop plein de visiteurs.
Sans atteindre encore les manifestations de rejet que l’on voit à Barcelone ou Amsterdam par exemple. Néanmoins le gouvernement régional de la province tente de contrôler davantage le type de touristes se rendant sur l’île.
Après avoir récemment échoué à imposer des restrictions sur les locations de courte durée façon Airbnb, Bali se prépare maintenant à durcir les conditions d’entrée pour les visiteurs étrangers… par l’argent. Le gouvernement souhaite effectuer des vérifications des capacités financières des voyageurs. Selon les autorités locales lors de rencontres avec des médias indonésiens, cette mesure servirait à endiguer certaines dérives du tourisme et à promouvoir un modèle plus durable pour l’avenir de l’île. L’an dernier, Bali a dépassé pour la première fois le seuil des 7 millions de touristes.
Possible introduction des règles en mars
Dans le cadre des règles envisagées, qui pourraient entrer en vigueur dès mars 2026, les visiteurs internationaux pourraient être tenus de prouver qu’ils disposent de ressources financières suffisantes pour subvenir à leurs besoins durant leur séjour. Les documents demandés pourraient inclure les trois derniers relevés bancaires, des preuves d’hébergement prépayé ainsi qu’un billet de retour ou de continuation du voyage.
Si de telles exigences existent déjà dans de nombreux pays, Bali les appliquait jusqu’à présent de manière ponctuelle, notamment pour les voyageurs entrant avec un visa à l’arrivée. Bali souhaite ainsi viser davantage les visiteurs haut de gamme. Et surtout de se débarrasser de touristes peu scrupuleux, qui prolongeraient leurs séjours et surtout ne respecteraient pas ou peu les coutumes locales. Dans le viseur, les visiteurs étrangers dépassant la durée de validité de leur visa, travaillant illégalement ou se retrouvant à court d’argent et ayant recours à des activités informelles, voire illégales, pour rester sur l’île.
Les modalités restent néanmoins encore à définir. En particulier quel serait le niveau acceptable de revenus et par rapport à quelle durée de séjour. Le gouvernement régional devra aussi décider si ces informations seront communiquées au moment de la demande d’un visa ou de l’achat d’un billet d’avions… Tout cela reste encore flou.
Si ces nouvelles mesures pourraient ajouter une étape supplémentaire à l’organisation d’un voyage, les autorités assurent qu’elles sont indispensables pour que Bali demeure, sur le long terme, une destination accueillante, vivable et durable.
Luc Citrinot, Bangkok








