Costa Rica: les Romands plébiscitent la «Suisse d’Amérique centrale»

Situé entre la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, ce territoire à peine plus vaste que notre pays fait figure d’Eden, avec ses volcans, ses forêts primaires, ses plages et ses incroyables richesses naturelles. 
©BP

Le Costa Rica maintient une croissance constante du nombre de visiteurs année après année et reste la première destination touristique en Amérique centrale.

Les données de l’Institut Costaricien du Tourisme (ICT) indiquent que la Suisse – avec environ 30’000 arrivées annuelles par voie aérienne – figure régulièrement au palmarès des dix principaux pays européens accueillis sous ces latitudes. Toutes nations confondues, en 2024, la destination a accueilli 2,6 millions de visiteurs (+7,7% par rapport à 2023, en majorité des Nord-Américains).

L’existence de vols directs entre Zurich et la capitale San José contribue largement à l’afflux des Helvètes. Pour une expérience «Pura Vida» – comme disent les locaux à tout bout de champ – il est conseillé de passer par une agence de voyages et d’opter pour un séjour à forfait. 

De séduisants atouts

Les vacanciers priorisent l’observation de la faune, les activités balnéaires, la randonnée et la gastronomie. Il est préférable de faire appel à un guide certifié et de louer un 4×4 avec un chauffeur local ; les routes, parfois difficiles et sinueuses, peuvent rallonger les déplacements. On y croise les autocars de compagnies distinctes qui peinent à synchroniser leurs réseaux, ce qui génère pas mal de confusion pour les usagers. 

Pour Marcos Pitti – guide anglo-francophone spécialisé dans la faune et la flore costaricienne – plusieurs facteurs expliquent l’actuel engouement des Suisses pour son pays: «Nous concentrons à nous seuls plus de 6% de la biodiversité mondiale. Nous misons sur l’écotourisme et le développement durable, des thèmes qui résonnent fortement avec les valeurs environnementales de vos concitoyens, nombreux à apprécier également notre stabilité politique et notre neutralité. L’abolition de notre armée – en 1948 – nous a permis d’investir dans l’éducation, la santé et la protection de l’environnement.»

Vous avez dit : « environnement » ? …Une grande partie du Costa Rica est protégée (27 parcs nationaux), ce qui lui confère une image positive et durable sur la scène internationale, un peu comme la Suisse, associée à la nature et à la propreté. 

Perspectives

À l’instar d’autres destinations menacées par le surtourisme, le Costa Rica semble miser sur une montée en gamme, hélas génératrice d’inflation pour le porte-monnaie du touriste moyen. Ce dernier s’étonnera de payer (beaucoup) plus cher qu’à domicile une tablette de chocolat ou un paquet de café arabica – pourtant élaborés avec une matière première cultivée sur place.

Récemment, le ministère du Tourisme a aussi proclamé son intention de promouvoir des zones moins connues, en particulier auprès de ses visiteurs assidus. Il estime que la côte centrale du Pacifique est encore négligée, pourtant idéale pour des expériences aventureuses en milieu naturel (tyrolienne, VTT, saut à l’élastique, vélo volant, équitation, etc.) 

Les réserves de Puntarenas – la plupart en mains privées -constituent le refuge de tapirs, ocelots et autres paresseux, sans oublier les aras macao, en voie de réhabilitation à la grande satisfaction des ornithologues. Ces derniers se mettent aussi en quête d’oiseaux huppés, toucans, cormorans et colibris…en tout, plus de 900 espèces recensées. Il suffit souvent de cheminer le nez en l’air pour les apercevoir, comme les singes, qui vous narguent en se balançant de branche en branche. On peut aussi rêver de croiser des jaguars, des pumas, des grenouilles aux couleurs vives, des papillons morpho, des fourmis coupe-feuille et des chauves-souris… entre autres.

La faune marine ne demeure pas en reste : on embarque à la rencontre des baleines à bosses qui migrent au large des plages les plus réputées: Tamarindo, Santa Teresa, Manuel Antonio, Playa Uvita, Playa Samara ou Playa Conchal. Les surfeurs ont l’embarras du choix pour goûter aux sensations de la glisse. Portée par les superbes vagues qui déferlent tout au long de l’année, la «surf culture» infuse véritablement le mode de vie des Ticos (locaux).

Explorer

Le foisonnement d’arbres tropicaux déclenche rapidement l’envie de les voir d’en haut. La forêt de Monteverde offre les plus beaux ponts suspendus du pays, et même une tyrolienne de 1590 m de câbles suspendus au-dessus de la canopée. 

«Surtout ne touchez à aucun végétal; certains sont très toxiques, ou urticants!», prévient Marcos, en recommandant de s’hydrater abondamment. Autre précepte: ne jamais nourrir les animaux, ni s’aventurer de part et d’autre de la piste balisée; c’est le biotope de nombreux serpents. On débusque au passage des iguanes pourtant bien camouflés. 

Ailleurs – comme à Tortuguero, sur la côte Caraïbe – on protège les tortues vertes qui, chaque année de juillet à octobre, reviennent y nidifier. Imaginez un territoire de 300 km 2, strié de canaux et de rivières qui serpentent en pleine forêt primaire! Seules les barques à moteur et les kayaks permettent d’explorer cette «petite Amazonie».

Au beau milieu de la jungle peuvent surgir des phénomènes géothermiques, comme ceux d’Islande. Ces poches fumantes et bouillonnantes trahissent la proximité d’un volcan. Le Costa Rica en compte plus de 200, dont une poignée sont considérés comme actifs et relativement imprévisibles.

En pratique

Les citoyens suisses n’ont besoin d’aucun visa pour un séjour touristique jusqu’à 180 jours. Il suffit d’avoir un passeport valide et valable au moins 6 mois à l’entrée et – dans certains cas – de présenter un billet de retour ou de continuation à l’arrivée. 

Dans les régions Pacifique et Centrale, les premières averses de fin avril signalent le début de la saison verte, qualifiée de «saison des pluies». Elle dure jusqu’en novembre. Cette période de l’année bénéficie souvent de belles journées, ponctuées d’averses en fin d’après-midi. 

Il existe une panoplie de gîtes, allant des hôtels luxueux aux hébergements de type Bed and Breakfast. Choisir un établissement en mains costaricaines plutôt qu’une grande chaîne mondialisée, c’est soutenir le développement indigène.

Bernard Pichon