Cinq professionnels alémaniques tirent la sonnette d’alarme

La démarche lancée par «Action Mayday» se heurte à l’incompréhension de la Fédération suisse du voyage et irrite même TPA.

Le week-end dernier, cinq professionnels indépendants de Suisse alémanique (Nathalie Sassine, CEO TravelBoo AG et webook.ch GmbH; Birgit Sleegers, directrice Rhyner Travel AG; Natalie Dové, proriétaire de Nussbaumer Reisen AG, Magical Mystery Tours, Dovespace et membre du comité de la Fédération suisse du voyage; Annette Kreczy, Member of the Board CSO DER Touristik Suisse AG; Roland Zeller, président du conseil de direction Viselio AG) ont lancé une pétition en ligne réclamant la «création d’un groupe de travail composé de professionnels du tourisme et représentants de la branche dans le but de développer des solutions communes aux problèmes que rencontrent nos agences de voyages». Ceci dans le but d’unir les forces «afin que les requêtes soient entendues au Parlement et par les partenaires de la branche concernés.» Depuis son lancement dimanche dernier (24 mai 2020), plus de 1000 signatures ont déjà été récoltées.

Incompréhension de la FSV, TPA regrette la forme

Dans une «Information de première main», Max E. Katz, André Lüthi et Walter Kunz disent comprendre le but de la démarche et les inquiétudes, tout en saluant les initiatives et les idées, lorsque ces dernières sont coordonnées et relayées à Berne par un seul canal. «Ce que nous ne comprenons pas, en revanche, ce sont l’approche des initiateurs et la demande de la mise en place d’une «task force intersectorielle et inter associations». Les différentes associations ont depuis longtemps déjà répertorié, enregistré et communiqué au SECO les problèmes énumérés.»

Ils poursuivent en rappelant que la «task force» exigée regroupant les représentants des intérêts de la branche – FSV, TPA et STAR – existe elle aussi déjà et siégera cette semaine à nouveau avec le SECO, l’Office fédéral de la justice et la protection des consommateurs afin de travailler sur un éventuel fonds de sauvetage et/ou une adaptation de la loi sur les voyages à forfait. «Nous devons maintenant poursuivre nos efforts dans cette voie et nous exprimer d’une seule voix à Berne, dans l’optique de trouver des solutions.» Ils rappellent enfin avoir déjà informé les membres et la branche et s’engagent à communiquer sur l’avancement des discussions «dès que nous serons en présence de résultats concrets.

Du côté de TPA, Sonja Laborde dit comprendre le fond: «Bien que nous ayons, compte tenu de la situation, une grande compréhension pour toute initiative, nous regrettons qu’elles se fassent de manière dispersées au lieu de présenter un front unifié, comme le font la FSV, STAR, TPA et les cinq groupements romands depuis déjà plusieurs semaines. Nous travaillons d’arrache-pied ensemble en dépit de nos différences pour avancer dans un même sens. Une telle démarche, bien que compréhensible, est décourageante. Visiblement un manque de communication.»

Une démarche avant tout interne

Nathalie Sassine, en charge de la communication sur ce projet, explique que la revendication principale est d’obtenir «une meilleure communication au sein de la branche et avant tout une coopération uniforme.» Interrogée sur le sens d’une telle démarche au regard de ce qui a déjà été mis en place par la FSV, TPA, STAR et les autres groupements, elle déplore un manque de communication: «Malheureusement, nous pouvons difficilement si c’est fondamentalement suffisant, car nous ne sommes pas très bien informés. Nous n’avons donc pris connaissance de la plupart des efforts que par le biais des médias.»

La présence parmi les initiants de Nathalie Dové, fraîchement élue au comité de la FSV en novembre dernier, étonne même Walter Kunz qui reconnaît avoir été informé d’un projet, mais sans avoir véritablement de détails. «Elle était en tout temps en lien avec la FSV. Elle représente certes la FSV, mais également les petites entreprises et est elle-même entrepreneur. Sa présence est donc justifiée pour nous.»

Pour Nathalie Sassine, la démarche ne risque pas de donner une image de branche désunie. «Cette initiative est pensée pour l’interne de la branche, pas pour le public. Toutefois, le nombre élevé de signatures montre qu’il y a un problème de clarté. La base est insatisfaite de la manière dont les choses ont été faites jusqu’à présent et du manque d’unité, et nous avons mis cela en lumière.»

La pétition se trouve ici et le document explicatif est disponible en français ici.

(TI)