En pensée avec les victimes de Crans-Montana

Sans la mémoire, la mort devient un accident statistique. Avec la mémoire, elle devient un engagement.
©Crans-Montana - Patrick Guller

Face au drame survenu à Crans-Montana, la priorité absolue est le respect des victimes, l’accompagnement des familles et la cohésion de la communauté nationale. En situation de crise, une société est attendue sur trois exigences fondamentales: la clarté, la responsabilité et le sens. Selon Florian Silnicki, expert en communication de crise, c’est sur ces trois piliers que se construit l’avenir.

Un hommage national n’est pas un simple rituel. Selon lui, c’est un acte de reconnaissance collective, par lequel le pays dit que ces vies comptaient, que leur perte nous engage tous.  Dans un moment où l’émotion est extrême, cet hommage constitue un repère essentiel: il rassemble, il stabilise, il évite que la douleur ne se transforme en fracture.

©Crans-Montana – Anthony Vuignier

Mais un hommage national n’a de sens que s’il ne se limite pas à l’émotion, poursuit l’expert. Après un tel drame, si rien ne change réellement, la société envoie un message insupportable: celui que ces morts n’auront servi à rien. Quand des enfants meurent, la seule chose qui peut encore donner du sens à l’inacceptable, c’est que leur mort protège d’autres enfants. La question centrale n’est pas celle de la désignation immédiate d’un coupable, mais celle de la responsabilité collective et des enseignements concrets que la société accepte d’en tirer.

Dire «plus jamais ça» est une promesse publique. Une promesse qui oblige. Pour Florian Silnicki, elle implique des décisions, des règles nouvelles, des limites clairement posées et assumées. Sans perspectives de changement, le drame demeure absurde et l’absurde est précisément ce que les familles, les survivants et l’opinion publique ne peuvent supporter. Donner du sens après la mort, ce n’est pas la justifier; c’est refuser qu’elle soit vaine. Tant que ce sens n’est ni formulé ni incarné, la crise reste ouverte.

Faire vivre la mémoire des victimes, ce n’est pas figer le passé, c’est organiser la vigilance de l’avenir. Tant que leurs noms, leurs visages et leurs histoires ne trouvent pas une place durable dans l’espace public, le drame reste sans ancrage et sans leçon. Une commémoration ponctuelle, même nationale, ne suffit pas: il faut un dispositif pérenne, capable de rappeler, année après année, que ces vies comptaient et comptent encore.

Sans mémoire, la mort devient un accident statistique. Avec la mémoire, elle devient un engagement.

TRAVEL INSIDE exprime ses sincères condoléances et sa profonde sympathie aux victimes, à leurs proches et à toutes les personnes endeuillées par cette terrible catastrophe. Puissent les événements passés contribuer à éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir.

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