
Le Sud Tyrol est un laboratoire culturel où se côtoient – en bonne harmonie – les cultures italienne, allemande et même ladine (une minorité linguistique). Ce mélange crée une ambiance unique : l’efficacité et le sens de l’ordre germaniques, associés à la douceur de vivre et à l’élégance italienne.
Vignobles et mélèzes dorés à la feuille, vergers chargés de pommes écarlates, marrons chauds et potirons dodus aux étals du marché, l’arrière-saison sied à la partie la plus septentrionale d’Italie: le Tyrol du Sud, dans la région bilingue (italien-allemand) du Trentin-Haut-Adige. Ce territoire – dont une bonne partie est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco – se plaît à jouer avec les contrastes: pics acérés et douces prairies, lacs cristallins et vignobles compacts, patrimoine historique et design hyper-contemporain.
En hiver, la région se transforme en un vaste domaine skiable, notamment avec l’accès au Dolomiti Superski, l’un des plus grands au monde, proposant des pistes pour tous les niveaux et des refuges d’altitude chaleureux.
Vagabondages automnaux
La fin de l’automne incite le visiteur à tirer le meilleur des innombrables circuits pédestres et pistes cyclables, véritable toile d’araignée plaquée sur l’impressionnant réseau des transports publics disponible aux confins de la Suisse et de l’Autriche. Dès lors qu’une même carte forfaitaire prolonge l’offre des CFF en donnant accès aux innombrables trains régionaux, bus, funiculaires et autres télécabines de la région, pourquoi s’encombrer d’un véhicule privé? Fixer son itinéraire en fonction de la météo et des envies du moment devient un jeu d’enfant.
Le programme pourra inclure les spectaculaires Dolomites et le parc national du Stelvio; par temps de pluie, les bienfaisantes eaux thermales de Merano ou quelque musée digne d’intérêt, comme celui de Bolzano, si fier de sa momie Ötzi, vieille de plus de 5000 ans.
Les photographes pointeront leurs objectifs sur quelques-uns des plus beaux villages d’Italie avec leurs abbayes et castels, un patchwork de chalets aux toits pentus, chapelles aux clochers à bulbe, via ferrata héritées des lignes de front de la Première Guerre mondiale.
Bressanone, l’esprit de la région
S’il ne fallait visiter qu’une seule ville haut-adigeoise – ou s’il fallait élire celle qui résume au mieux l’esprit de cette partie de la Péninsule – ce serait peut-être Bressanone (Brixen). Des vestiges de plusieurs camps préhistoriques ont été retrouvés sur ce site mentionné pour la première fois en 901, à la fin de l’ère carolingienne. On y sent bien le poids des siècles.
La bourgade a grandi autour d’une fortification dont la réputation dépassa longtemps les frontières tyroliennes en tant que siège des prince-évêques. Jusqu’en 1918, la ville fit partie de la monarchie autrichienne, puis de l’Autriche-Hongrie.
Arpenter ses rues, c’est faire chauffer sa carte de crédit, le long de galeries italianisantes, dans des boutiques chics, pâtisseries et autres débits de produits du terroir. C’est parcourir un marché dominical où fromages et charcuteries mettent l’eau à la bouche. C’est profiter des derniers rayons d’un soleil automnal sur l’une des ces terrasses où d’aucuns sirotent un verre de Lagrein (rouge) ou de Gewürztraminer (blanc) en regardant passer des créatures très «instagrammables».
Haut niveau hôtelier
L’hôtellerie du Sud Tyrol est réputée pour son niveau d’excellence et son engagement pour l’éco-durabilité. Les établissements – luxueux hôtels de charme, centres de bien-être ou hébergements ruraux – se fondent souvent harmonieusement dans le paysage. Ici, quand on décide de construire à partir de rien, on ne cherche pas à jouer le pastiche montagnard ou le vrai-faux traditionnel. Le travail des formes et la recherche des matières proposent souvent des interprétations innovantes de l’architecture de montagne à partir de matériaux propres au territoire.
Emblématiques de ces catégories, le Garberhof du val Venosta (4 étoiles+) et le Bio Vitalhotel Theiner’s Garten de Gargazon (4 étoiles) se sont taillé une solide et légitime réputation; le premier pour son décorum et ses aménagements luxueux sans ostentation, le second pour la rigueur de sa conception durable, certifiée Demeter (pas de clous dans la structure boisée, absence de pollution électromagnétique dans les chambres privées de télé et wifi, cuisine bio régionale et spa holistique).
Bernard Pichon








