
Petite-fille du fondateur de la première compagnie européenne de croisières fluviales, Carla Bodras-Schmitter entend s’inscrire dans la continuité de l’entreprise familiale tout en préparant l’avenir, avec un accent particulier sur le marché alémanique et de nouvelles expériences de voyage. Interview.
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Quel bilan tirez-vous de vos premiers mois à la direction de CroisiEurope Suisse?
Je suis arrivée à l’agence de Lausanne le 1er septembre 2024 et j’ai commencé ma formation un mois plus tôt à Strasbourg comme vendeuse et conseillère en croisières. J’ai ensuite repris la responsabilité de l’agence à la mi-février. Ces premiers mois m’ont permis de mesurer la diversité des sujets à traiter au quotidien, le marketing, les offres, les produits que nous souhaitons mettre en avant, le développement de nouveaux projets.
Qu’est-ce qui vous a le plus marquée depuis votre prise de fonction?
Justement cette diversité. Mais je n’ai jamais eu l’impression d’arriver en terrain inconnu. Je baigne dans l’univers de CroisiEurope depuis toute petite. Ma mère, Anne-Marie Schmitter, ma sœur Déborah et plusieurs membres de ma famille ont toujours été très impliqués dans l’entreprise, notamment dans le domaine commercial.
En revanche, il était essentiel pour moi de trouver ma place au sein des équipes. Je n’ai pas été avantagée parce que je suis issue de la famille fondatrice. J’ai dû faire mes preuves, gagner la confiance de mes collègues et montrer que j’étais à leur écoute. Certaines problématiques ont pu être réglées depuis mon arrivée. Aujourd’hui, j’ai réussi à me faire respecter en tant que responsable d’agence et chacun est à l’aise dans son rôle.
Prendre de telles responsabilités à 23 ans n’est-il pas intimidant?
Nous avons l’expérience du déjà-vécu; nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. L’idée est de continuer à innover, tout en restant fidèles à ce qui fait la force de CroisiEurope depuis toujours.
«La Suisse alémanique, un marché à conquérir»
Comment évolue actuellement l’activité ?
Le secteur de la croisière est en croissance pour nous. Les attentes des voyageurs se transforment avec le contexte géopolitique et nous amènent à proposer des offres toujours plus qualitatives et adaptées à leurs envies.
Nous constatons aussi une évolution intéressante avec l’arrivée de davantage de familles et de voyages multigénérationnels. Nous accueillons de plus en plus de parents, de grands-parents et de petits-enfants qui souhaitent partager une expérience ensemble, alors que notre clientèle était historiquement plus âgée.
Quels sont aujourd’hui vos principaux objectifs de développement?
L’agence de Lausanne fonctionne de manière autonome et affiche une belle stabilité. Avec David Schneider, notre commercial itinérant, arrivé le 1er mai, nous souhaitons désormais renforcer notre présence sur le marché alémanique, qui reste difficile d’accès et particulièrement concurrentiel, avec des acteurs bien implantés. Nous travaillons en ce moment sur différentes stratégies afin d’y accroître notre visibilité.
«Le client suisse recherche avant tout la qualité et la confiance»
Comment définiriez-vous le client suisse dans ses choix de croisières?
Il est particulièrement attaché à la qualité et à la confiance. L’expérience commence déjà à l’agence. Les clients apprécient de pouvoir traiter avec la même personne et d’avoir un interlocuteur qui connaît leurs habitudes et leurs attentes.
Après quelques changements au sein de l’équipe ces deux dernières années, nous sommes aujourd’hui dans une phase de stabilisation et de reconstruction de cette proximité.
Quels sont les principaux défis auxquels CroisiEurope devra faire face ces prochaines années?
Les attentes des clients évoluent rapidement. Les voyageurs suisses recherchent des expériences qualitatives, personnalisées et de plus en plus écoresponsables. Pour y répondre, nous faisons évoluer notre offre tout en restant fidèles aux valeurs de notre entreprise familiale.
Qu’est-ce qui différencie aujourd’hui l’expérience CroisiEurope?
Nous proposons la qualité d’un grand croisiériste avec la proximité d’une entreprise familiale. Nos bateaux sont à taille humaine, ce qui crée une ambiance conviviale à bord. Nous offrons également une grande diversité d’itinéraires, en Europe comme dans des destinations plus lointaines, toujours avec la volonté de proposer des voyages riches en découvertes et en émotions.
Notre autre force réside dans le fait que nous sommes une entreprise indépendante qui maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception de nos croisières jusqu’à leur commercialisation.
L’offre continue-t-elle de s’élargir?
Nous devons nous adapter en permanence à la demande. C’est pourquoi nous enrichissons régulièrement notre programmation, tant en termes de durée que de destinations. L’Amazone, qui rejoindra notre offre en 2027, en est un bon exemple. Les départs sont déjà quasiment complets. Cela montre qu’une partie de notre clientèle fidèle attendait de nouvelles expériences et des destinations au diapason.
Le retour de David Schneider a-t-il déjà produit des effets?
Oui, très clairement. Sa présence sur le terrain nous permet d’intensifier les échanges avec les agences de voyages, les autocaristes et l’ensemble de nos partenaires. Nous constatons déjà concrètement les retombées de cette présence accrue, notamment au niveau des réservations.
De mon côté, j’assure le pilotage de l’agence, la coordination des projets et le suivi de l’essor de notre présence sur le marché suisse, en étroite collaboration avec le siège.
Quelle est votre vision pour les prochains mois?
Nous voulons être encore plus proches de nos clients. Dès le mois de septembre, nous organiserons davantage de salons et des conférences thématiques dans différents cantons de Suisse romande afin d’aller à la rencontre d’un public qui n’a pas toujours l’occasion de se rendre à Lausanne ou à Genève.
Désormais, les voyageurs ont davantage envie de vivre des expériences que de simplement partir en vacances. C’est cette évolution que nous voulons accompagner.
Didier Walzer








