La Provence par le rail avec TGV Lyria

Au fil du trajet, les paysages se transforment progressivement: des douces rives lémaniques aux reliefs ensoleillés de Provence, une offre ferroviaire éco-responsable relie la Romandie à Marseille, en moins de 4h30.
Marché d'Avignon. ©BP

En Suisse romande comme ailleurs, on constate une montée en puissance des attentes liées à la proximité et à l’expérience – gastronomique, culturelle ou sportive – ainsi qu’une attention accrue portée à la qualité de service et à la durabilité.

Dans ce contexte, l’axe Lyon – Avignon – Aix-en-Provence – Marseille ne manque pas d’atouts pour séduire les plus blasés. Il constitue autant de portes vers Arles, Nîmes et autre Saint -Tropez, accessibles sans stresser au volant. Selon une étude menée par le bureau suisse indépendant INFRAS, chaque trajet par le rail représente jusqu’à 24 fois moins d’émissions de CO₂ qu’en voiture thermique ou en avion.

Chaque été, le TGV Lyria propose du jeudi au lundi une liaison estivale entre Lausanne/Genève et Marseille. Cette année, elle est élargie jusqu’au 2 novembre, avec des tarifs accessibles dès 47 francs. Pour Laetitia Moricot, Directrice de la communication chez Lyria, l’offre en Première peut bien rivaliser avec celle des compagnies aériennes: confort des voitures, portail de divertissement accessible en Wi-Fi et en 3 langues avec plus de 150 contenus (films, séries, podcasts, presse, etc.).

La restauration se veut en adéquation avec le trajet: «La carte, signée Michel Roth, met à l’honneur des produits du Sud de la France». Confirmation de Nicolas Zoghbi, sommelier-en-chef: «Les crus proposés à bord sont en accord avec les terroirs traversés, que ce soit sur sol français ou helvétique».

Mosaïque de paysages

Le voyage révèle une mosaïque de paysages, du sommet du Ventoux aux terres viticoles du Rhône, de la nature camarguaise aux villages perchés de Haute-Provence. Des gorges du Verdon – terres de truffe – aux villages de pêcheurs du bord de mer, chaque escapade devient une immersion dans l’art de vivre provençal.

Considérant cette diversité, on se met à rêver à une option de hop-off qui permettrait de faire escale en route et de reprendre son périple en sautant dans le train suivant. «Malheureusement, déplore Laetitia Moricot, cette bonne idée est un peu compliquée avec un même titre de transport, en raison de nos fréquences. Elle reste néanmoins faisable en réservant par segments, et en tricotant un peu avec les trains régionaux.»

Cultures et culture

Les points forts du voyage offrent une telle diversité de découvertes et d’expériences qu’il serait coupable de les explorer au pas de course. À Marseille, il faut compléter l’offre culturelle des musées comme le MUCEM par une visite du Panier (le quartier le plus pittoresque) et une balade en mer du côté des palanques.

À Aix-en-Provence, le musée Vasarely étonne par les dimensions spectaculaires des œuvres exposées. Les marchés du samedi révèlent les produits du terroir et l’effervescence d’une ville estudiantine aux terrasses animées.

En Avignon, il suffit de s’écarter des néanmoins incontournables pont (celui de la chanson); et autre Palais des Papes pour savourer la poésie et le pittoresque des petites rues: celle des Teinturiers, aux allures montmartroises, ou le charme désuet des anciens bains publics Pommer récemment réhabilités. Pour les jardins en folie, on saute dans le bus qui, en quelques minutes, traverse le Rhône vers la découverte onirique des exubérants jardins de l’Abbaye Saint-André.

Bernard Pichon, en Provence