L’Asie du Sud-Est jure ses grands dieux viser un tourisme de qualité et non de quantité

Finis les objectifs quantifiés de l’ASEAN où chaque pays membre a les yeux rivés sur le nombre de touristes supplémentaires accueillis par rapport à l’année précédente.
©Philippine Information Agency

Au salon du tourisme ASEAN Tourism Forum, les Ministres du tourisme et Offices de tourisme nationaux ont présenté un Plan sectoriel du tourisme (ATSP) 2026–2030, qui a pour ambition à long terme de positionner le bloc comme un leader mondial du tourisme de qualité et à forte valeur ajoutée d’ici 2045.

Le plan a été officiellement lancé lors de la conférence touristique de l’ASEAN, présidée par la Secrétaire au tourisme des Philippines, Christina Garcia Frasco, aux côtés des Ministres du tourisme de l’ASEAN. Qui d’ailleurs a rappelé que la région avait l’an dernier finalement dépassé les chiffres d’avant-Covid. En 2025, les 11 pays constituant l’Asie du Sud-Est ont accueilli 144 millions de touristes internationaux, contre 143,7 millions en 2019.

Durable, résilient, inclusif

Les progressions les plus spectaculaires ont été enregistrées par le Vietnam avec 21,2 millions de touristes internationaux (+20,4%) suivis par la Malaisie avec 42,2 millions (+11,2%) et l’Indonésie avec 15,39 millions (+10,7%). Les deux pays ayant enregistré les plus mauvaises performances ont été l’an passé la Thaïlande (32,9 millions de touristes (-7,3%) et le Cambodge (5,57 millions -16,9%).

Ancrée dans la «Vision 2045», la stratégie vise à développer un secteur touristique durable, résilient et inclusif, capable de générer de la croissance et des emplois dans toute l’Asie du Sud-Est. Le tourisme est présenté comme un moteur clé de la connectivité régionale.

Comme le soulignait Christina Garcia Frasco, l’ASEAN ferme définitivement le chapitre de la reprise post-Covid pour des objectifs qualitatifs plus ambitieux avec l’idée d’une forte valeur ajoutée.  Une croissance que les 11 pays membres veulent qualitative davantage basée sur les dépenses par visiteur.

Seront mis en avant la durabilité environnementale, la participation des communautés locales et la préservation du patrimoine culturel dans la stratégie de tourisme. Sont aussi prévus le renforcement et l’amélioration des standards de service, le passage au tout numérique et le renforcement des compétences humaines. Le plan souligne également l’importance de la résilience face au changement climatique, aux risques sanitaires et à d’autres défis émergents pour l’industrie touristique.

Projet pilote de connectivité

Parmi les initiatives pouvant être rapidement lancées figure un «projet pilote de connectivité» visant à relier par avion au moins deux ou trois destinations émergentes disposant d’un fort potentiel touristique. Les croisières sont également identifiées comme un segment à fort potentiel de croissance, tout comme la simplification des formalités de voyage et l’amélioration des liaisons maritimes.

Le plan souligne enfin l’importance de la résilience, notamment face au changement climatique et aux risques sanitaires. Le changement climatique devient en effet un enjeu majeur pour la région, alors que des inondations massives, des séismes, des cyclones et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes ont marqué le rythme de l’année 2025. Et risquent de se reproduire malheureusement en 2026.

Luc Citrinot, Cebu