
D’ordinaire, la FST rend régulièrement compte dans son bulletin des principales évolutions et des thèmes clés concernant le tourisme suisse. Aujourd’hui, elle publie pour la première fois un numéro spécial en raison de l’actualité: dans environ deux semaines, la Suisse se prononcera en effet sur «l’initiative du chaos» («Pas de Suisse à 10 millions!») – un projet aux conséquences considérables pour le secteur touristique.
«Ce que les auteurs qualifient d’initiative pour la durabilité est en réalité un projet de politique économique à haut risque. L’initiative exige la dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes, déclenchant ainsi une réaction en chaîne. Les conséquences seraient tangibles pour le tourisme: pénurie accrue de main-d’œuvre qualifiée, incertitude croissante et baisse de la compétitivité. Notre secteur, plus que tout autre, a besoin d’un personnel engagé, d’un réseau international et de conditions-cadres fiables. C’est pourquoi un comité du tourisme, bénéficiant d’un large soutien et placé sous l’égide de la Fédération suisse du tourisme, s’engage contre ce projet», explique Philipp Niederberger, directeur de la FST.
L’initiative exige la fixation d’un plafond démographique arbitraire en Suisse. Cela aurait pour effet d’empêcher la migration liée au travail et de priver l’économie d’une main-d’œuvre qualifiée importante. Pour respecter le plafond de dix millions d’habitants, il faudrait également dénoncer l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) avec l’UE. En raison de la clause guillotine, la dénonciation de l’ALCP entraînerait la caducité de tous les accords bilatéraux I.
Pour la Suisse, les conséquences directes mises en avant par la FSV sont les suivantes: aggravation de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée; mise sous pression de l’offre et de la qualité; plus grande difficulté à se rendre en Suisse; réputation et image écornées de la Suisse en tant que destination touristique ouverte.
L’initiative exige que les premières mesures soient prises dès que la population atteindra 9,5 millions d’habitants. Selon l’Office fédéral de la statistique, ce seuil pourrait être atteint en 2031. Il faudrait donc prendre les premières mesures dans cinq ans; le domaine de l’asile et le regroupement familial sont explicitement mentionnés. Or, le regroupement familial est également un élément central de l’ALCP. On ignore comment l’UE réagirait face à une violation aussi flagrante de l’accord.
L’initiative met donc en péril la voie bilatérale de la Suisse dans son ensemble. Or, cette voie revêt une grande importance pour le tourisme. Le recrutement de personnel qualifié, les relations internationales de la Suisse et l’accès au marché intérieur sont menacés par l’initiative. Son acceptation causerait un préjudice considérable à l’ensemble de l’économie suisse, en particulier au secteur du tourisme, et provoquerait un chaos total.
Philipp Niederberger appelle donc l’industrie du tourisme à rejeter l’initiative soumise au vote le 14 juin. (TI)








