
L’année touristique 2026 est marquée par les tensions géopolitiques, un été particulièrement chaud et des conditions-cadres en évolution. Pour l’ensemble de l’année, la FSV prévoit un recul du chiffre d’affaires de 5 à 10% par rapport à l’année précédente.
Dans le même temps, les prix des voyages sont légèrement supérieurs à ceux de l’an dernier, tandis que la valeur moyenne des dossiers reste stable, voire affiche une légère progression. Cette évolution montre que la demande est toujours présente, mais que sa structure évolue.
«Les Suisses souhaitent continuer à voyager. Compte tenu des conditions actuelles, ils évaluent leurs décisions avec davantage d’attention et font des choix plus ciblés. Pour le secteur du voyage, c’est le signe que les voyages conservent une grande importance, même dans un environnement exigeant», commente Martin Wittwer, président de la FSV.
Évolution de la demande
Les tensions géopolitiques constituent en 2026 le principal facteur de pression pour le secteur du voyage. Les voyages au Proche-Orient ainsi que les voyages long-courriers vers l’Asie et l’Océanie sont particulièrement touchés. À cela s’est ajouté l’été chaud en Europe, qui a influencé la demande pour les réservations estivales de dernière minute.
Malgré ces facteurs, l’envie de voyager des Suisses reste fondamentalement élevée. Dans le même temps, les voyageurs réfléchissent davantage à leur destination, à la période de voyage et au prix. Lorsque le budget est plus limité, ils ont plutôt tendance à réduire le nombre de voyages, tout en continuant à privilégier la qualité et des prestations adaptées lors de chaque voyage.
Cette évolution se reflète également dans la valeur des dossiers: les dépenses moyennes par réservation restent stables ou légèrement supérieures à celles de l’année précédente. Être attentif aux prix ne signifie donc pas nécessairement choisir un voyage moins cher. Les clients comparent davantage les offres et optent de manière plus ciblée pour des voyages qui correspondent à leurs besoins.
De nouvelles destinations progressent
Pour les vacances balnéaires d’été, l’Espagne, la Grèce et la Turquie restent les destinations privilégiées. Sur le long-courrier, le Canada, la Thaïlande et les Maldives arrivent en tête. Les «coolcations», qui privilégient les régions plus septentrionales, ainsi que les pays des Balkans gagnent également en popularité, même si leur niveau reste nettement inférieur aux destinations balnéaires classiques. La demande pour les «coolcations» a ainsi progressé d’environ 20% en cinq ans.
En automne, la Grèce, Chypre, Majorque, l’Égypte et les Canaries sont particulièrement prisées, tandis que la Tunisie affiche une progression supérieure à la moyenne. En hiver, l’Égypte, la Grande Canarie et Tenerife restent très populaires sur le moyen-courrier. Sur le long-courrier, Maurice, les Maldives et la Thaïlande figurent parmi les destinations favorites. Les USA enregistrent en revanche un recul de la demande d’environ 20% par rapport à l’année précédente.
La demande repart à la hausse
Après un été exigeant, les perspectives s’améliorent. Pour l’automne 2026 et l’hiver 2026/27, une hausse de la demande se dessine, avec des réservations en progression. La branche aborde ainsi l’année à venir avec confiance et estime possible d’atteindre au moins le niveau de l’année précédente. Un effet de rattrapage pourrait aussi donner un nouvel élan à la demande. Parallèlement, la numérisation et l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles opportunités pour la planification, le conseil et des processus.
«Ces dernières années, le secteur du voyage a démontré sa capacité à s’adapter rapidement à l’évolution des conditions-cadres. Le besoin croissant de conseils personnalisés, de sécurité et de repères fiables offre au secteur des occasions supplémentaires et nous rend confiants pour l’avenir», complète Andrea Beffa, directrice de la FSV.
Plus de 2 millions de coûts supplémentaires à cause de l’Iran
L’importance d’une organisation professionnelle des voyages et de conseils personnalisés s’est notamment manifestée lors du déclenchement de la guerre avec l’Iran. Les membres de la FSV ont organisé plus de 3400 changements de réservation, traité plus de 20’000 demandes de clients et rapatrié plus de 1600 voyageurs bloqués. Des coûts supplémentaires de plus de 2,3 millions de francs ont ainsi été pris en charge.
«C’est précisément dans les périodes d’incertitude que la valeur ajoutée du conseil personnalisé apparaît clairement», souligne Andrea Beffa. «Lorsque les conditions-cadres changent à court terme, les voyageurs ont besoin d’interlocuteurs compétents capables de les orienter, d’organiser des alternatives et de les accompagner, y compris dans des situations difficiles. Plus l’environnement international du voyage devient complexe, plus le conseil compétent, la flexibilité et la sécurité gagnent en importance.» (TI)








