
En 2024, le gouvernement indonésien du Président Joko Widodo avait pris une étrange décision. Dans le but de rediriger le trafic international vers les deux grands hubs indonésiens que sont Jakarta et Bali, le ministère des transports avait décidé de retirer l’autorisation d’exploiter des lignes internationales à plusieurs aéroports régionaux. 17 d’entre eux avaient alors été rétrogradés sur les 34 plateformes considérées comme internationales.
Des villes d’importance
On peut comprendre que certains aéroports tels que Sabang (Aceh), Tarakan (Kalimantan du Nord à Bornéo), Kupang (Timor Occidental) ou Solo (Java Central) aient perdu leur statut international. Mais, au moins trois importants aéroports posaient question: Palembang, Pontianak et Semarang.

Le premier aéroport dessert la seconde ville la plus peuplée de Sumatra. Ville de commerce importante, elle bénéficiait d’un accès direct à Kuala Lumpur et Singapour. Ce qui était logique au regard de la position de Sumatra, plus proche de la Malaisie et de Singapour que de Jakarta. La région avait du coup perdu tout attrait pour les touristes, en raison de la complexité pour s’y rendre.
Pontianak au Kalimantan occidental se trouve à moins d’une heure de vol de Kuching, la capitale du Sarawak en Malaisie. Là encore, passer par Jakarta ou Bali pour atteindre cette cité semblait une aberration.
Enfin, autre décision illogique de priver Semarang de vols internationaux. La cinquième plus grande ville d’Indonésie avec 1,5 million d’habitants est une destination touristique appréciée car dotée d’un beau patrimoine historique. De plus, elle est un important centre de commerce avec son port et capitale de la province de Java Central. Autant d’atouts justifiant d’un statut international pour son aéroport, qui, avant 2024, était relié également à Kuala Lumpur et Singapour.
24 mois pour attirer de nouveaux vols internationaux
Le gouvernement a rendu le 1er mai leur statut international aux aéroports de Semarang et Palembang. Ils bénéficient maintenant de 24 mois pour attirer de nouveau des vols internationaux, s’ils veulent conserver ce précieux sésame. Ce qui ne devrait pas poser de difficultés majeures, les deux cités ayant fait preuve dans le passé d’un potentiel certain pour des vols hors d’Indonésie. Cela constitue aussi une excellente nouvelle pour les tour-opérateurs organisant des circuits sur Java Central comme sur Sumatra.
Si Pontianak n’a pas encore retrouvé son statut si convoité pour le moment, le gouvernement permet de nouveau à l’aéroport de Bangka Belitung d’accueillir des vols internationaux. Il n’est pas certain que les compagnies aériennes étrangères se précipiteront sur cette île à mi-chemin entre Java et Sumatra. Mais les décisions du gouvernement indonésien peuvent parfois être impénétrables…
Luc Citrinot








