L’OFAC pointe du doigt l’augmentation du nombre d’incidents

L’année passée, près de 15’000 comptes rendus d’incidents aériens ont été comptabilisés en Suisse.
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En 2025, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) a traité 14’972 comptes rendus d’incidents, lesquels sont utiles au secteur de l’aviation pour améliorer continuellement la sécurité au sol et en vol. Ce chiffre est nettement supérieur à ceux des années précédentes.

Ces comptes rendus d’incidents sont en augmentation de 17% par rapport à l’année précédente dans l’aviation commerciale et dans l’aviation de plaisance: davantage d’avions éraflés et de pilotes et de personnel au sol qui commettent des erreurs en circulant sur des aérodromes de plus en plus complexes et de plus en plus à l’étroit; davantage d’erreurs de chargement des avions; davantage de quasi-collisions en vol; davantage de pénétrations non autorisées dans l’espace aérien pour cause de nouvelles structures d’espace aérien; davantage de conflits entre avions, hélicoptères et drones.

S’y ajoutent un nombre accru de perturbations du signal GPS, davantage de cas de passagers agressifs ou violents; moins de cas d’éblouissement par pointeur laser; encore et toujours des hélicoptères pris dans des câbles; moins d’accidents dans le cadre du travail aérien héliporté; davantage de comptes rendus concernant la navigabilité des aéronefs; aucun accident mortel dans l’aviation commerciale; quatre accidents pour un total de six morts dans l’aviation de plaisance; un mort et un blessé dans un accident d’hélicoptère survenu dans le cadre d’activités agricoles: tel est en résumé le bilan 2025 des incidents dans l’aviation civile suisse.

Analyse systématique des données

La prévention des collisions dans l’espace aérien suisse est prioritaire. L’analyse des comptes rendus d’incidents fournit à cet égard des renseignements très utiles concernant la gravité et la localisation des événements. L’OFAC élabore des solutions de concert avec le secteur de l’aviation, dans le cadre du projet Future Aviation Surveillance Services and Technologies (FASST-CH). En point de mire, la mise en place de technologies de surveillance modernes afin de garantir la perceptibilité générale des usagers de l’espace aérien.

L’analyse systématique des données est essentielle pour obtenir une évaluation continue des risques. L’OFAC serait sinon dans l’incapacité de mettre en œuvre des mesures ciblées d’amélioration de la sécurité de l’aviation civile en Suisse. L’approche basée sur les données permet à l’OFAC de prendre des décisions en fonction des risques et d’allouer les ressources de manière ciblée, à l’instar du projet FASST-CH, qui vise à accroître la sécurité de l’espace aérien suisse selon le principe «see, sense and avoid», notamment en améliorant la perceptibilité des usagers de l’espace aérien par la mise en place d’un système de perceptibilité électronique.

À moyen terme, l’OFAC mise sur le projet FASST-CH pour combattre ce phénomène. FASST-CH vise à évaluer et à mettre en place les services et technologies de surveillance de nature à améliorer la perceptibilité et la sécurité de l’ensemble du trafic dans l’espace aérien et à anticiper les conflits. L’OFAC collabore dans le cadre de ce projet avec tous les acteurs de l’aviation suisse et avec l’AESA.

Attention particulière à Zurich

L’aéroport de Zurich mérite une attention particulière, compte tenu des risques de collision au sol et en vol qui lui sont associés. Le système d’exploitation de l’aéroport le plus fréquenté de Suisse est complexe. Un ensemble de mesures est envisagé pour atténuer le risque de collision, comme le prolongement de pistes, l’adaptation de la conception de l’aéroport (voies de contournement des pistes, voies de sortie rapide ou modification des points d’intersection des pistes) et l’actualisation des procédures de vol.

Les comptes rendus d’incidents touchant l’aéroport sont indispensables pour estimer la probabilité d’occurrence d’un risque. Les données ont été intégrées dans la nouvelle structure d’espace aérien de l’aéroport de Zurich, en vigueur depuis 2025. Des marges de sécurité supplémentaires ont été mises en place pour les approches et les départs. De nouvelles mesures sont à l’étude par l’OFAC dans le cadre du règlement d’exploitation 2014/2017, comme faire s’envoler les avions plein sud en piste 16 par temps de bise.

Il y a encore bien d’autres questions de sécurité. Les cas d’approches non stabilisées ont par exemple augmenté à un faible niveau. Les comptes rendus proviennent essentiellement de l’aviation commerciale. L’OFAC a rapidement identifié et analysé le problème et en a discuté avec les entreprises concernées. Des mesures d’amélioration ont déjà été mises en chantier. Les inspecteurs sont en outre sensibilisés à cette problématique dans le cadre de séminaires de formation continue.

L’évolution du contexte international a également eu des répercussions sur la sécurité et s’est traduite par la recrudescence des actes de brouillage du signal GPS et des cas de passagers indisciplinés. L’OFAC assure une surveillance continue de ces incidents, qui représentent un risque pour la sécurité.

Le travail continue. Pour l’OFAC, la sécurité aérienne reste une priorité absolue. Son action dans ce domaine se base sur l’analyse des comptes rendus d’incidents, les enseignements des audits et inspections, les rapports d’accidents et les tendances internationales.

L’OFAC a révisé en 2025 le plan de sécurité Swiss Aviation Safety Plan (SASP) 2025-2027. Celui-ci intègre les conclusions de plusieurs rapports, les recommandations du SESE et les données récoltées pour établir l’Annual Safety Report 2025. Tous ces éléments entrent dans la définition des orientations stratégiques de la politique aéronautique de la Suisse. (TI)