
«En dehors des baignades ou du surf, nos visiteurs ne savourent pas seulement les fruits de mer les plus frais qu’on puisse imaginer, mais aussi un mode de vie à la fois tonifié par l’Atlantique et teinté de nonchalance méridionale. Notre littoral et notre proximité avec la mer ont influencé notre culture autant que notre gastronomie», relève André Gomes, PDG du tourisme de l’Algarve. Et de se réjouir du développement des liaisons aériennes vers Faro, un aéroport qu’Edelweiss dessert au départ de Zurich.
Plantée à l’extrême Sud du pays, sur la longue bande étirée du Cap Saint-Vincent (à l’Ouest) à la frontière andalouse (à l’Est), la capitale locale mérite mieux qu’un simple transit avant de poursuivre vers les aimants touristiques que sont Lagos ou la Praia da Marinha. Son intéressant héritage architectural art déco et moderniste s’exprime sur ses façades, ses balcons et ses azuléjos.
Écologie sur l’île de Culatra
À 10 km de Faro, Olhão, port de pêche et petite ville blanche, claque sous le soleil. On peut flâner dans ses ruelles avant d’emprunter un ferry pour gagner des langues de sable vierge posées entre ciel et mer dans le Parc naturel de la Ria Formosa. Au nombre de celles-ci, l’île de Culatra, qui s’étend sur quelque 6 kilomètres, sans routes ni véhicules, mais qui s’avère riche en sentiers pédestres. La pêche représente le principal revenu de ce lopin apprécié pour son calme et ses maisonnettes de vacances.
Culatra a sa passionaria: Sílvia Padhina. C’est elle qui avait empêché les ostréiculteurs français de venir s’implanter sur ce territoire propice à l’élevage des mollusques. «Mon combat continue: aujourd’hui, je milite pour un développement durable et sans compromis», affirme cette activiste.
Loulé et son ‘mercado’
Qui veut s’immerger dans ce que l’Algarve a de plus authentique ferait bien de viser Loulé, une bourgade animée autour de son ‘mercado’, un impeccable marché couvert. On y photographie des étals débordant de produits frais locaux, qu’ils viennent de l’océan ou des campagnes voisines aux allures toscanes, toutes en collines et vignobles verdoyants. La cité abrite aussi quelques enseignes discrètes: celles d’un chaudronnier et d’un pâtissier qui travaillent à l’ancienne, comme dans cet atelier où l’on peut s’initier à la vannerie artisanale.
Albufeira et Lagos
L’extrême Sud portugais possède un joyau: son littoral bordé d’immenses falaises déchiquetées par l’érosion. Les siècles ont toutefois épargné leurs somptueux coloris, ocre ou anthracite. Tantôt ces concrétions bordent de longs rubans de sable blond, tantôt elles sertissent de minuscules espaces également propices à la baignade.
Pour le plaisir des papilles
Quand Sara Guerrero (cheffe de produit auprès de Tourisme d’Algarve) évoque la gastronomie locale, les papilles sont en effervescence: «Ici, les recettes privilégient surtout les produits de la mer. Les carnivores trouvent davantage leur bonheur dans l’arrière-pays.»
On déguste la version portugaise de ce qui serait une bouillabaisse à Marseille ou une paella en Espagne. On se régale de fritures et de légumes goûteux. Les amateurs de bons crus se font plaisir, et les becs à sucre n’en finissent pas de tester mille et une pâtisseries (quand bien même les ingrédients de ces gâteries ne varient guère : amandes, œufs, crème).
Au bilan, on peut revenir de cette terre bénie des dieux gavé d’Histoire et de culture, avec le sentiment ne pas y avoir ‘bronzé idiot’.
Bernard Pichon, Algarve








