Rendez-vous en France 2026: tous les indicateurs sont au vert

Le tourisme constitue plus que jamais un pilier stratégique de l’économie française.
La délégation helvétique à Nice: 1er rang de gauche à droite Soraia Letra (Risskov Autoferien), Anne Laeremans (Risskov Autoferien), Hélène Delacroix (Vicking), Maria Sotnikova (Alta Services), Rachel Limberis (Ernst Marti), Pascale George (Antares Tourisme), Isabelle Zanetta-David (Globus Travel Services) et Cristina Guasch (EF Cultural Tours). 2e rang Edward Cappelle (EF Cultural Tours), Luca Devecchi (EF World Journeys), Elisa Paparo (EF World Journeys), Emmanuelle Meyer (Atout France) et Jack Magnenat (Buchard Voyages). 3e rang Dominic Smid (Ernst Marti), Christelle Martinal (Railtour), Clotilde Baville (Atout France), Battiste Briatico (Briatico Voyages), Ilaria Rampoldi (Globus Travel Services) et Erika Zanini (Globus Travel Services). Manquent Alexandre Beynel (EF Cultural Tours) et Anastasia Petrova (Via Travel). ©DW

En clôture du salon professionnel Rendez-vous en France 2026 à Nice, la conférence de presse a confirmé la solidité du modèle touristique français, chiffres à l’appui.

Adam Oubuih, directeur général d’Atout France, et Michael Dodds, directeur de Normandy Tourism, face aux médias. ©Cédric Helsly – Atout France

Adam Oubuih, directeur général d’Atout France, a rappelé que le secteur s’impose comme un contributeur majeur à l’économie nationale: «Le tourisme constitue plus que jamais un pilier stratégique de notre économie.» Les données consolidées pour 2025 attestent de cette performance.

La consommation touristique a atteint 222 milliards d’euros, contre 211 milliards en 2023. Dans le même temps, les recettes issues de la clientèle internationale se sont élevées à 77,5 milliards d’euros, pour 102 millions d’arrivées. Ces flux ont généré 1,6 milliard de nuitées, dont 743 millions imputables aux visiteurs étrangers, contribuant à un excédent de 20,1 milliards d’euros dans la balance des paiements.

2026: une programmation dense pour soutenir les flux

La feuille de route présentée par Sophie Mandrillon, directrice marketing et partenariats d’Atout France, repose sur une animation continue des marchés à travers des événements à forte visibilité.

Parmi les temps forts figurent les départs du Tour de France masculin depuis Barcelone (4 juillet 2026) et féminin depuis Lausanne (1er août 2026), ainsi que l’accueil à Paris de compétitions internationales telles que les Special Olympics Unified Football World Cup (5–11 juillet) ou encore un tournoi de sumo (13–14 juin).

Sur le plan culturel, l’année sera notamment marquée par le 30e anniversaire de l’inscription du Canal du Midi au Patrimoine mondial de l’Unesco, ainsi que par plusieurs grandes expositions et installations artistiques programmées sur l’ensemble du territoire. Point d’orgue de cette séquence, le centenaire de la disparition du peintre Claude Monet donnera lieu à plus de 100 événements en Normandie et en Île-de-France.

Michael Dodds, directeur de Normandy Tourism, a souligné que «cet anniversaire constitue une opportunité majeure pour valoriser les territoires qui ont inspiré l’œuvre impressionniste», dont Monnet a été l’un des fondateurs.

Opération paneuropéenne avec le Millénaire normand en 2027

Au-delà de 2026, les intervenants ont mis en avant une montée en puissance progressive des grands rendez-vous, à commencer par le Millénaire normand l’an prochain. Présenté notamment par Nathalie Porte, vice-présidente de la Région Normandie, ce programme prévoit une mobilisation à l’échelle de sept pays européens ayant été marqués par l’influence normande. «Il est temps de rappeler des racines communes et de proposer un projet fédérateur à l’échelle européenne», a-t-elle déclaré.

Le salon Rendez-vous en France 2026 s’est tenu au Palais des Expositions de Nice les 31 mars et 1er avril derniers. L’édition de 2027 aura Bordeaux pour cadre. ©Cédric Helsly – Atout France

 

 

 

 

 

 

 

 

L’opération reposera sur un calendrier annuel structuré comprenant expositions, festivals, reconstitutions historiques, projets scientifiques et créations contemporaines. Elle s’accompagnera d’une stratégie marketing conjointe entre destinations, avec un objectif clairement affiché, celui de faciliter la conception de produits touristiques transnationaux et stimuler les flux intra-européens, en particulier auprès des jeunes publics.

À noter également qu’une candidature sera déposée en 2028 pour la reconnaissance d’un itinéraire culturel des Normands auprès du Conseil de l’Europe, afin de prolonger l’impact du projet après l’année commémorative.

Les Jeux d’hiver de 2030 comme accélérateur de transformation

La perspective des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises constitue l’autre pilier de cette stratégie. Programmés du 1er au 17 février 2030 pour les Jeux olympiques, puis du 1er au 10 mars pour les épreuves paralympiques, ils réuniront environ 2900 athlètes et s’appuieront sur une billetterie dépassant 1,5 million de tickets.

Les compétitions seront réparties sur plusieurs pôles (Haute-Savoie, Savoie, Hautes-Alpes et Nice), avec une organisation pensée autour de critères de durabilité, de sobriété et d’héritage territorial.

Cet événement s’inscrit dans un environnement économique déjà structuré. Les Alpes françaises comptent plus de 200 stations, accueillent 45 millions de pratiquants et génèrent plus de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une clientèle internationale représentant environ 30% des flux.

À l’échelle mondiale, le marché des sports d’hiver – qui s’appuie sur 6000 stations environ réparties dans 68 pays – pourrait doubler à l’horizon 2035, confirmant le potentiel de croissance du segment.

Montée en puissance progressive jusqu’à la fin de la décennie

Dans le prolongement de ces échéances cruciales, la trajectoire présentée intègre une succession d’événements pivots entre 2027 et 2030, soit année européenne des Normands, championnats du monde de cyclisme en Haute-Savoie, capitale européenne de la culture à Bourges, ou encore grandes compétitions internationales et réouvertures d’équipements culturels. Pour Sophie Mandrillon, «nous préparons dès aujourd’hui les grandes échéances qui structureront l’attractivité de la France à l’horizon 2030».

Au final, cette conférence de presse a mis en évidence une logique claire, qui consiste à articuler performances économiques immédiates et préparation d’événements à fort impact afin de soutenir durablement la compétitivité de la destination.

La France déploie ainsi une stratégie séquencée, conçue pour alimenter les marchés internationaux et offrir aux opérateurs touristiques des leviers concrets de développement à moyen terme.

Didier Walzer, Nice