Sous la pression, Swiss renoncera à la taxe sur les cartes de crédit

En lieu et place, Swiss introduira un nouveau modèle tarifaire assorti de rabais.

Alors que quasiment toutes les entreprises importantes de Suisse ont renoncé à la taxe sur le paiement par carte de crédit au cours des deux dernières années, Swiss s’est obstinée à maintenir ledit supplément. Cette situation est en passe de changer: la compagnie aérienne renoncera à cette taxe le 28 mars prochain, comme l’a écrit hier la Sonntagszeitung. «La pression sur le marché a fortement augmenté ces dernières années», indique Kai Schilb, responsable des systèmes de paiement au sein de Lufthansa Group, en commentant la décision.

Ce sont non seulement les organismes de protection des consommateurs qui ont toujours critiqué le fait que la compagnie exige jusqu’à CHF 30.- de frais supplémentaires, mais aussi les sociétés d’émission de cartes de crédit elles-mêmes. Le directeur de Swiss Payment Association, Thomas Hodel, avait d’ailleurs déjà estimé en juin 2017 que cette pratique serait illégitime, le paiement par carte de crédit étant tout aussi cher qu’un paiement cash pour les commerçants.

Nouveau modèle avec rabais liés au moyen de paiement

En lieu et place, Swiss introduit maintenant un nouveau modèle tarifaire. Alors que le client ne prenait connaissance du supplément carte de crédit qu’à la fin du processus de réservation, les prix des billets sont maintenant identiques pour tous les clients. Le client peut maintenant profiter d’un rabais selon le mode de paiement choisi (facture, Postfinance, carte de débit ou paiement immédiat). A la fin du compte, le paiement par carte de crédit sera toujours plus cher, mais avec l’effet psychologique «sans pénalité». Ce qui ne signifie pas forcément que tous les billets seront plus chers. «Nous ne pouvons pas systématiquement percevoir cinq francs de plus sur chaque billet», poursuit Kai Schilb. Sur certaines routes, le mode de paiement pourrait en effet tirer vers le haut le prix des billets et, sur d’autres, avoir l’effet inverse.

«Swiss ne pouvait pas couvrir les coûts»

Kai Schilb n’admet pas la critique selon laquelle Swiss n’a fait que saigner les clients pendant des années. «Nous restons convaincus que la perception de cette taxe était correcte». Pourquoi? Parce que les taxes qu’une entreprise doit payer aux sociétés émettrices diffèrent: plus une entreprise est orientée vers l’international, plus les coûts peuvent être élevés, car le nombre de clients possédant des cartes de crédit étrangères suit la même courbe. Et Kai Schild de préciser que Swiss n’aurait pas été en mesure de couvrir lesdits coûts avec une taxe de 1,4%, mais qu’elle les aurait à tout le moins diminués. (ES/DS)