
On connaît depuis longtemps l’engouement des Helvètes pour le Canada, notamment pour le Québec, la plus proche de l’Europe.
Pour Andreas Meier, porte-parole d’Edelweiss, «Vancouver est l’une de nos destinations long-courriers les plus établies au départ de Zurich. Par ailleurs, ce secteur connaît actuellement un développement solide. Des événements majeurs, tels que la Coupe du monde de football, ont évidemment stimulé la demande. Cette dernière est généralement plus forte durant la saison estivale, période où de nombreux voyageurs visitent l’ouest du Canada pour des circuits et des activités de plein air. Vancouver est à l’horaire durant la haute saison, de mai à octobre et accueille également des passagers venus d’Amérique du Nord pour se rendre en Suisse ou poursuivre leur voyage au-delà. La part des Canadiens est historiquement importante; certaines années, elle a même atteint un niveau comparable à celui de la clientèle suisse.»
Exploration
La comparaison de deux nombres: un peu plus de 3 millions et 738’000 est éloquente. Le premier fait référence aux habitants du grand Vancouver, le second à ceux qui en occupent le centre.
On pourrait encore recenser les communautés – comme Chinatown – qui ne peuplent qu’un quartier du Downtown. Ces différentes strates – superposées comme les peaux d’un oignon – compliquent la tâche de qui voudrait saisir la taille réelle de celle qu’on surnomme Hollywood du Nord en raison des nombreux tournages entrepris dans son cadre photogénique. Choisir le décor de ses zones touristiques aux allures parfois provinciales, avec leurs petits étals, est une judicieuse option.
La marche à pied n’est pas votre tasse de thé? Qu’à cela ne tienne! Empruntez l’un ou l’autre des véhicules de la Vancouver Trolley Company, qui – selon le principe du «Hop on, hop off!» – propose un circuit bien pensé pour saisir l’essentiel de Vancouver, à son propre tempo.
Oxygène
Restons au centre, donc, puisqu’on y trouve largement de quoi pourfendre l’ennui! D’un pâté à l’autre – ici, on parle plutôt de bloc – on passe sans transition du shopping de Yaletown – surtout le long de Robson Street – au patrimoine architectural de l’Heritage District.
Chemin faisant, on cède à l’attrait de quelque musée, même si le plus prestigieux d’entre eux est légèrement excentré. Dédié à l’anthropologie, il réunit une somptueuse collection de totems amérindiens. Mondialement connu pour ses collections, ses recherches, ses programmes éducatifs, le plus grand musée universitaire canadien entend promouvoir la compréhension et le respect des arts et cultures du monde.
À la pointe ouest de la presqu’île, s’étend la fierté de Vancouver, qui constitue aussi l’un de ses poumons: 400 ha de bois aux trois quart sauvages, pins géants et autres cèdres rouges plus que millénaires. Panorama superbe sur la silhouette de la mégapole, maison de thé, excellent restaurant de fruits de mer, golf et pistes cyclables incitent à imiter les autochtones dans leur quête d’oxygène.
Pour beaucoup, l’Ile de Vancouver est un éden. Mais au-delà, cette nature préservée pourrait bien encourager à aller explorer les vastes espaces de Colombie-Britannique : milliers d’îles et îlots, sommets enneigés, univers forestier à la Tolkien.
Héritage
La mémoire de Vancouver s’inscrit dans le prolongement de son port, point d’attache des paquebots souvent en partance pour l’Alaska. Bienvenue à Gastown, lieu de fondation de la ville, sauvé de la destruction dans les années 1970!
Quelques-uns de ses entrepôts et vieux immeubles de briques plus ou moins cossus abritent aujourd’hui des boutiques et restaurants tendance. On y photographie surtout une horloge «à vapeur» qui ne présente pourtant guère plus d’intérêt que le Manneken-Pis bruxellois ou la Petite Sirène de Copenhague.
Attablé à une terrasse, un ancien hockeyeur a quitté Montréal il y a plus de trente ans pour s’installer sur la côte pacifique: «C’était d’abord pour le climat océanique, beaucoup plus doux en hiver. Je n’ai pas tardé à repérer ici un art de vie nettement moins stressant, bien qu’aussi cosmopolite. J’aime aussi l’esprit de jeunesse qui souffle partout, l’animation de la vie socioculturelle et l’éclectisme architectural. Bien sûr, tout n’est pas rose. Vous le constaterez si vous allez à 500 mètres d’ici. Vous croiserez beaucoup trop de toxicomanes et prostituées. Ça n’a pas d’allure, surtout le soir. Mais c’est aussi le coin des salles de concert, boîtes et cinémas. Et, finalement, tout ce monde cohabite en relative bonne intelligence.»
Chinoiseries
Jouxtant le cœur historique, Chinatown est le plus grand quartier asiatique du Canada. Il a pour origine les 15’000 immigrés chinois employés au début des années 1880 pour la construction du Canadian Pacific Railway. La main-d’œuvre corvéable et mal payée décida toutefois de rester à Vancouver après les travaux.
La visite commence à Millennium Gate, la porte d’entrée dont l’inscription – au centre – signifie: «Souvenez-vous du passé et réjouissez-vous du futur!». À vrai dire, le voyageur qui a connu l’effervescence des marchés de Shanghai ou Canton pourrait bien être déçu par le caractère assoupi de ces quelques rues finalement pas si dépaysantes.
Il se consolera au Dr Sun Yat-Sen Classical Chinese Garden, qui serait le premier jardin chinois de style Ming construit à l’extérieur de la Chine. Le parc comporte une pagode traditionnelle, un étang couvert de nénuphars où barbottent des tortues et de nombreux endroits propices à la méditation.
Bernard Pichon, Vancouver








